'J’ai voulu l’océan. Je l’ai voulu comme une caresse.'   Michèle Lesbre

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Lydie Salvayre




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Lydie SALVAYRE
Rêver debout
Le Seuil
205  pages
18  euros

06-09-2021

 

    Don Quichotte, combattant des moulins à vent, Lydie Salvayre vient nous prouver que cette image est très réductrice. Elle nous fait partager ses quinze lettres à Cervantès, un hommage au Quichotte, des coups de gueule, le ton peut être cinglant, tendre ou moqueur, un questionnement permanent, moult sujets abordés, les thèmes d’hier restent prégnants dans notre société moderne (« … quatre siècles après les choses ont fort peu évolué, même si elles ont pris des formes plus insidieuses et plus suaves en apparence… ». Lydie Salvayre prend la défense du Quichotte, de son Quichotte puis se rangera progressivement et respectueusement aux côtés de Cervantès. Elle manie l’humour, l’ironie, la colère avec un équilibre maîtrisé, elle sait appuyer là où ça fait mal, pointer les contradictions, les renoncements, nous invite à reprendre notre réflexion. Quinze lettres pour nous rappeler ce qu’est le courage, pour (re)prendre nos combats, (re)trouver nos utopies, (re)nouer avec nos rêves (« …ce monde s’apprend par le rêve autant que par l’agir. »), refuser l’injustice, ne pas avoir peur de dire non et agir… sans craindre les revers et autres échecs. « … si la folie est le nom que l’on donne à ce qui, chez un être, subsiste encore de puissance visionnaire », alors Lydie Salvayre dans ce vibrant hommage à la littérature et à Cervantès prouve qu’il reste le roi des fous et le Quichotte un personnage essentiel.

« … la poésie demeure, au bout du compte, la seule chose qui se puisse opposer à la violence et à l’absurdité du monde. »


Ecouter la lecture de la première page de "Rêver debout"   

Thème(s) : Littérature française

 


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Lydie SALVAYRE
Pas pleurer
Le Seuil
280  pages
18.5  euros

14-08-2014

 

    Pas pleurer entrelace deux voies qui nous plongent dans l’Histoire. D’un côté, une femme du peuple, mauvaise pauvre (« Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule »), née en 1921, vit à 15 ans la fondation de la République espagnole comme une promesse de liberté et de bonheur. Soixante-quinze ans après, sa mémoire s'estompe mais néanmoins, elle n’a pas oublié cette année particulière et revient sur tous les évènements jusqu’à La retirada et son installation en France (« Après maintes péripéties, elle finit par échouer dans un village du Languedoc, où elle dut apprendre une nouvelle langue (à laquelle elle fit subir un certain nombre d’outrages) et de nouvelles façons de vivre et de se comporter, pas pleurer. Elle y vit encore aujourd’hui. »). Elle bouscule la langue pour raconter cette année marquante à sa fille qui reçoit avec un regard tendre l'histoire de sa mère mais aussi l'histoire de l'Espagne. De l’autre, Georges Bernanos fervent catholique voit ses convictions totalement ébranlées par le contact direct avec le conflit et ses horreurs. Sans retenue, il fait part de ses doutes et condamne l’église espagnole, et une caste de dirigeants intéressés (« l’association mafieuse de l’épiscopat avec les militaires et les classes possédantes, afin de mieux défendre ses propres intérêts. »). Sans artifice les faits exposés démontrent la bassesse et la lâcheté des acteurs, la violence dont sont capables les hommes, les trahisons et rivalités internes mais aussi l’utopie et le rêve qui permettent aussi de vivre. Un texte souvent terrifiant qui revient sur une période cruciale de l’Histoire européenne qui trouve de nombreuses résonances dans l’actualité d’aujourd’hui.

« … les hommes d’argent méprisent ceux qui les servent par conviction ou par sottise, car ils ne se croient réellement défendus que par les corrompus et ne mettent leur confiance que dans les corrompus. »

« Bernanos découvrait, le cœur défait, que lorsque la peur gouverne, lorsque les mots sont épouvantés, lorsque les émotions sont sous surveillance, un calme, hurlant, immobile s’installe, dont les maîtres du moment se félicitent. »

« Je crois que le suprême service que je puisse rendre à ces derniers (les honnêtes gens) serait précisément de les mettre en garde contre les imbéciles ou les canailles qui exploitent aujourd’hui, avec cynisme, leur grande peur. »



Ecouter la lecture de la première page de "Pas pleurer"   

Thème(s) : Littérature française

 


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