« La folie temporaire permet d’oublier les balles. La folie temporaire est la sœur du courage à la guerre. »
David Diop

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

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Olivier Jacquemond

Olivier JACQUEMOND

Un amour sous la guerre
Intervalles

2 | 185 pages | 18-06-2023 | 18€

Un amour sous la guerre tire sa réalité du Liban des années 70. Esther est une jeune Libanaise avide de liberté. Antonin est un jeune peintre français venu chercher une pointe d’exotisme. Ils vont se rencontrer, s’aimer. Vivre leur amour entre le Liban et la France, dans l’exil et au contact de la guerre : guerre religieuse, guerre entre états, guerre entre clans, « Une guerre d’usure, une guerre invisible, une guerre sournoise. Ici, la guerre est dans les têtes. Une guerre intime. » L’attraction du Liban est intense, « Le Liban est mon monde, le monde est mon Liban. », mais la violence est permanente, presque intégrée, au cœur de chaque famille, dans chaque conscience. Alors évidemment, cet environnement vient percuter l’intimité, les amours et les amoureux. Chaque roman ayant cadre le Liban nous permet, croit-on, de mieux appréhender sa réalité. Mais chaque nouvel opus bouscule nos certitudes et Un amour sous la guerre ajuste brillamment l’esquisse .

« Offrir à manger, c’était honorer ; terminer son repas, c’était aimer ; se resservir, c’était pardonner. »

« Parfois, il vaut mieux la guerre. Avec la guerre, le monde absurde vire au tragique. C’est préférable aussi. »

« Une guerre de susceptibilités, une mosaïque de contentieux, avec des raids punitifs, des embuscades, des prisonniers, et des morts, plus qu’il n’en faut. »

« Dans un conflit, la vraie question n’est pas qui gagne mais à qui profitera la paix. »

Ecouter la lecture de la première page de "Un amour sous la guerre"

Fiche #3031
Thème(s) : Littérature française


Olivier JACQUEMOND

New York fantasy
Mercure de France

1 | 121 pages | 24-08-2009 | 13.7€

Eric alors que son futur mariage est pratiquement annoncé décide (initialement) de faire une pause et quitte tout. Il quitte ses parents et sa sœur, Paris pour New York, deux villes différentes, deux vies différentes, deux cultures différentes. New York, la ville où les personnes qui n’ont pas de rêves viennent les chercher. Eric vient réaliser ses fantasmes, fixer ses désirs et provoquer son avenir, mais aussi par cette rupture, oublier son histoire, son passé, se forger sa propre identité et s’accepter. Au cours de son séjour, son père tombe malade et c’est le retour. On apprend que son père était un père absent, à côté de la famille, son seul souhait était qu’elle soit heureuse mais s’effaçait toujours devant elle : un père transparent qu’Eric ne connaît pas. Après la mort de son père, il décide finalement de retourner à New York et fera la rencontre peut-être qui marquera sa naissance : Mick un écrivain truculent sans manière, à la vie sans retenue, franc et grand observateur. Ils se rencontrent autour de Leonard Cohen et Mick va permettre à Eric de se révéler à lui-même. Leur amitié et leur discussion l’amèneront à respecter le point de vue de Kerouac, « on finissait fatalement par rentrer chez soi, et ce qu’il fallait retenir en définitive, c’était le nombre de tours de piste qu’on avait réalisés entre le moment de son départ et celui du retour programmé. », un ultime voyage vers Paris qui lui permettra de constater que son père était plus proche de lui qu’il ne le pensait jusqu’au point où il n’est peut-être venu à New York que pour réaliser les rêves de son père. Ce premier roman est une vraie réussite, une très belle découverte.

Premier roman

« Moi, la création, je la mets à un niveau organique, j’écris comme je pisse. Et je pisse rarement dans la cuvette, j’éclabousse le sol, je me salis le pantalon et les doigts. Ouais, c’est ça l’écriture pour moi, un machin supposé rendre l’imperfection du monde en lui conférant une touche de beauté. »

Fiche #630
Thème(s) : Littérature française