'Au fond, c’est l’habitude du malheur qui nous le rend incontournable. '   Quentin Mouron

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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L'Aube




- 10 -



Samira EL AYACHI
Les femmes sont occupées
L'Aube
242  pages
16  euros

06-08-2019

 

    Petit Chose est né avec une mère et un père. Néanmoins, le 14 juillet, pétard inattendu et violent, il ne grandira qu’avec sa mère et seulement quelques week-ends avec son père qui est parti. Garde classique à la demande du père, la garde est accordée à la mère, c’est la normalité, elle le souhaitait évidemment ? Elle est heureuse, n’est-ce pas ? Elle doit finir une pièce de théâtre, tenter de la vendre, finir sa thèse, assurer ses cours et ses corrections, changer la couche et faire les courses puis le ménage, alors cette normalité, elle est prête à la remettre en cause. Pourquoi dans le cadre d’une séparation, la femme doit-elle seule assumer un enfant et totalement son quotidien ? Qui a décidé de cet état de fait et de cette normalité ? Les hommes ? Courir, courir toujours, après le temps qui passe devant les tâches immenses, celles déjà effectuées, celles qu’il reste à faire, burn-out annoncé. Le planning déborde, seules les Wonder Woman réussiront. Alors elle tente d’endosser le costume avec toujours l’impression de ne pouvoir y arriver, comment grandissent les enfants de mère solo, que deviennent-ils ? Evidemment, la désertion du père l’obsède, colère froide, et la place de l’homme dans le couple et dans la famille est disséquée, remise en cause. La lutte doit continuer et le combat est loin d’être gagné, « Ne rien lâcher », même elle, parfois, reconnaît, « Tu te rends compte à quel point ton intelligence est infectée par des idées toutes faites. » Et puis, l’impression de se faire manger par Petit Chose, petit prince cannibale qui l’empêche de vivre autre chose que lui, mur infranchissable qui entrave sa vie de femme, sa vie intime, sa vie professionnelle et sociale, sorte de retrait du monde, de la vraie vie. Culpabilité et honte de ce sentiment inavouable, impossibilité de le partager avec qui que ce soit, tabou absolu. Très occupée, le chemin sera donc long et chaotique pour à nouveau croire en l’autre, surtout s’il est homme, mais aussi pour admettre la place du père (d’autant plus qu’il l’a choisie seul) aux côtés de Petit Chose. Un roman coup de poing non dénué d’humour sur la séparation, la maternité, notre société toujours aussi patriarcale et les vieux réflexes ancrés dans notre inconscient et la lutte toujours à mener (par les femmes et les hommes) pour qu’ils deviennent définitivement surannés.

« L’amour fini a toujours besoin de radoter. »

« L’enfant n’est pas un temps mais une géographie, il suffit de poser le doigt au bon endroit, et le paysage se déplie. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Samira El Ayachi lus par Vaux Livres

 


- 9 -



Adrienne YABOUZA
La pluie lave le ciel
L'Aube
190  pages
17.9  euros

22-07-2019

 

    La République des Murmures, emblématique d’une Afrique vacillante, vient de franchir un nouveau palier. Les rebelles s’approchent du pouvoir et le président M’Mollo M’Mollo pourtant fraichement élu, est contraint de rejoindre ses comptes en banque bien loin de sa région natale. Alors pour tous ceux qui ont acquis un petit pouvoir, un petit espace protégé, le temps est venu de choisir et les belles vestes africaines se retournent facilement ! Au milieu de tout ça, « être une femme dans la bordellerie de chaque jour, ça n’avait jamais été facile », l’avenir des femmes s’obscurcit encore mais malgré tout ce qu’elles subissent, elles conservent encore la force de combattre. Adrienne Yabouza réussit le tour de force d’établir un bilan réaliste et funeste d’une Afrique corrompue où l’islamisme s’installe dans l’horreur, où l’influence des grandes puissances (nouvelles et anciennes) reste immense, le tout à travers un récit fantaisiste et drôle.

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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 8 -



Enzo Gianmaria NAPOLILLO
Les tortues reviennent toujours
L'Aube
320  pages
22  euros

25-03-2019

 

    L’histoire de Giula et de Salvatore débute alors qu’ils sont enfants sur une petite île italienne face aux côtes africaines. Elle est Milanaise, il est natif de l’île. Ils se côtoient pendant les vacances, elle est la fille d’un architecte riche et reconnu originaire de l’île mais qui l’a quittée pour ses études, il est le fils d’un pêcheur de l’île. Ils vont jouer ensemble, apprendre à se connaître, puis à s’aimer. Adolescents, ils font l’amour pour la première fois sur une petite plage isolée, instant de tendresse et de douceur absolu. Mais l’âpreté de la vie les rattrape immédiatement puisque le corps d’un gamin s’échoue sur la plage, un gamin qui avait comme eux rêvé d’autre chose. Moment fondateur, Giula et Salvatore sont liés à jamais. Ils se quitteront, se retrouveront, partiront, reviendront, mais toujours, malgré leur milieu différent et le chemin de la vie qui les éloigne, ils partageront le souvenir de cet instant double. « Les tortues reviennent toujours » nous relate donc avec sensibilité la relation entre Giula et Salvatore mais aussi le comportement dans cette île devant l’arrivée des migrants. Un texte malgré l'arrière-plan thématique d’une grande douceur et d’une grande humanité.

« Expliquer qu’un pays qui ne se souvient pas d’avoir été un peuple migrant n’a ni futur ni passé. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Jacques Van Schoor

 


- 7 -



Maïssa BEY
Nulle autre voix
L'Aube
248  pages
19.9  euros

04-11-2018

 

    « Vient toujours le moment où il faut choisir. Choisir entre l’insupportable et … l’insupportable. On ne voit pas arriver ce moment. » Sa vie s’est en effet terminée le jour où elle a décidé de mettre fin à l’inacceptable. Elle a tué son mari, elle a tué « l’homme ». C’était la seule façon de s’en sortir, de se libérer et pourtant sa vie s’est arrêtée à cet instant, « je suis passée de l’autre côté de ma vie ». Elle a été condamnée, elle a été emprisonnée, elle a purgé sa peine et est sortie de prison, dans le silence. Elle a rejoint son frère, le seul en qui elle continuait d’avoir confiance. Puis une écrivain est venue pour recueillir son témoignage et écrire son histoire. Elle-même a trouvé en prison dans les mots la force de survivre, elle écrivait pour les autres prisonnières. Alors elle accepte. Elle raconte son enfance, le comportement de sa mère, le mariage forcé, les coups… Ses études supérieures n’auront rien empêché… Elle raconte les mensonges, les brimades, le silence, réel enfermement avant la prison, baisser les yeux et se taire, la soumission, « mes semblables et moi étions génétiquement programmées pour l’obéissance, la soumission. », la haine qui s’installe et grandit, l’enfermement et la vie carcérale. « Nulle autre voix » expose sans artifice la condition de la femme en Algérie sans guère d’espoir, un récit très rythmé, des phrases courtes, un ton doux et violent, poétique et âpre, et affleurent toujours une révolte et une violente colère.

« Le visible et le caché. Deux socles sur lesquels repose la société. Ce qui ne se voit pas n’existe pas et ne peut donc être répréhensible. »

« Pour moi, la première violence est de s’arroger le droit de disposer de l’autre. Du corps de l’autre. Au nom d’une supériorité légitimée par la naissance, le sexe, l’argent, la position sociale ou encore par des lois humaines ou divines. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Maïssa Bey lus par Vaux Livres

 


- 6 -



Leïla SLIMANI
Le diable est dans les détails
L'Aube
62  pages
9.9  euros

25-11-2016

 

    Joli cadeau de Leïla Slimani des éditions de l’Aube que ces six nouvelles du Goncourt 2016, avis personnel, analyse ou fiction, on reconnaît sa puissance, sa voix, sa détermination, ses cris, le Diable n’a qu’à bien se tenir !

Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Hugues SERRAF
Comment j'ai perdu ma femme à cause du tai chai
L'Aube
150  pages
16  euros

31-07-2015

 

    Un couple s'étiole, prend ses distances, puis se sépare. L'homme reste interdit et la femme disparaît. Le coupable idéal est désigné, le mari ! Il a même laissé ses empreintes sur un sabre sanguinolent ! Le corps de la femme reste introuvable mais l'époux se retrouve immédiatement en prison, et rejoint un Coloc heureusement amical dans une cellule « crade et grise ». Il arrive avec sa vision de la prison construite à partir des films et livres abordant le sujet et tente de retrouver quelques indices de vérité... Son Coloc très curieux aux réflexions pleines de bon sens l'incite à lui raconter son histoire, histoire assez classique d'un couple que le temps pousse vers la sortie et la séparation. Plongée efficace dans l'histoire d'un couple et dans l'univers pénitentiaire, le tout sur un rythme soutenu et avec un ton inventif et décalé et surtout débordant d'humour !

Premier roman


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Thème(s) : Littérature française

 


- 4 -



Maïssa BEY
Hizya
L'Aube
346  pages
21  euros

31-07-2015

 

    Hizya est une jeune Algérienne. Diplômée, comme beaucoup, elle ne peut travailler dans son domaine et se retrouve employée dans un salon de coiffure. Cet échec représentatif de la jeunesse d'aujourd'hui révèle aussi une réussite : sa famille a accepté qu'elle sorte de la maison, qu'elle travaille, petite victoire vers une indépendance, premier pas vers la liberté. Car Hizya a des envies, des projets, ils lui sont personnels et elle n'a pas envie qu'on les lui impose. En outre, le salon de coiffure est propice aux conversations, les femmes racontent librement leurs espoirs, leurs envies, leurs rêves mais souvent rattrapées puissamment par la réalité, la famille et la tradition. Hizya puise aussi sa force dans un poème antique, dont l'héroïne possède le même prénom, qui demeure un véritable hymne à l'amour, à la beauté et à la femme. Cela l'épaulera dans son combat pour la liberté, un combat de tous les jours, qui se gagne petit à petit, par petit morceau. Maïssa Bey nous offre un superbe texte à l'écriture poétique, à la fois portrait d'une jeunesse algérienne prête à résister et pourtant oppressée par la tradition et le poids familial mais aussi véritable hymne à la liberté et cri puissant et émouvant d'une jeune femme qui veut pour elle et pour les autres autre chose que ce que lui destine sa famille et la société, être soi, réaliser ce qu'elle a choisi et s'émanciper.

«  C'est ainsi que, de génération en génération, pour maintenir la tradition, des mères exercent leur pouvoir – le seul qui leur soit permis – sur d'autres femmes, d'autres mères, dans l'espace domestique – le seul qui leur soit réservé.  »

«  C'est moi qui les autorise à sortir tête nue ! Tu entends ? L'essentiel est ce qu'elles ont dans la tête, et non sur la tête !  »

«  C'est de moi qu'ils ont peur. Ils ont peur de nous. Ou, et l'idée me vient brusquement, d'eux-mêmes. Je voudrais tellement savoir pourquoi. Savoir de quoi se nourrit cette peur venue du fond des âges et qui semble croître sans cesse pour déferler sur le monde.  »

«  Dans notre milieu règnent en maître deux devises : la loi du silence et le culte du caché. Pourtant je m'obstine à croire que je pourrais être de celles qui veulent forcer le destin.  »


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Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Maïssa Bey lus par Vaux Livres

 


- 3 -



Samira EL AYACHI
Quarante jours après ma mort
L'Aube
234  pages
16.8  euros

29-06-2013

 

    Le narrateur est mort. A trente-cinq ans. Définitivement. Certes, il l’a voulu. Son corps est rapatrié au Maroc, mais ses parents absents, il faut qu’il patiente. Il patientera. Longtemps. Quarante jours. Et chacun lui rendra visite, une dernière fois, viendra devant sa dépouille et parlera sans retenue, enfin. Les révélations se succèdent, le voile se lève. Il écoutera et entendra. Souvent avec surprise, faut-il être mort pour connaître son entourage ? Les démons se dévoilent, les secrets jaillissent. Le discours est réaliste, sans concession, vif, souvent ironique. Les coutumes et croyances sont décrites sans lourdeur, « On servira à manger au peuple, et on ne saura plus si l’on fête ou si l’on deuille. », en espérant que le dessert ne soit pas trop long à arriver !

« Autour de moi, les garçons et les filles oscillaient entre trois expectatives mythiques. Celle de Baudelaire et de ses paradis artificiels. Celle d’Artaud et de ses hôpitaux. Celle de Bukowski au cœur d’une folie ordinaire. Il n’y avait de place pour rien. Ni devant ni derrière. »

« A Paris, mon père n’est qu’une ombre arabe parmi les les ombres arabes. Personne ne le connaît autrement qu’en habit d’ouvrier. Mais à Fès, mon père est un Autre. Un homme qui en impose. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Samira El Ayachi lus par Vaux Livres

 


- 2 -



Samuel ZAOUI
Omnivore
L'Aube
198  pages
17  euros

03-06-2009

 

    Sam-Elie Mekies a une heure devant lui, une heure avant de mourir. Il l’occupera à nous raconter sa trajectoire, destin tragique d’un petit patron « de gauche » qui se noiera dans son ambition, ambition d’avoir plus, de posséder plus, toujours plus, en oubliant progressivement ses scrupules et convictions. A la tête de sa société Omnivore spécialisée dans la restauration collective, Sam-Elie ne reconnaît plus qu’un Dieu : l’argent. Il rencontre l’homme providentiel qui lui permet d’accéder aux fameux marchés (« Je me demande pourquoi on crée des règles qui servent qu’à compliquer les contrôles sans empêcher la fraude. »)… financement occulte… fausses factures… marchés truqués… tout lui sourit, mais est-il si certain d’être le maître du jeu et de posséder les bonnes cartes ? Un long monologue sans artifice, franc et direct, noir et parfois cynique où le mélange des genres du fameux triumvirat truands, pouvoirs politiques, pouvoirs économiques mène à un terrible gâchis.

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller/Noir

 


- 1 -



Jean-Louis ANDREANI
Sole di Corsica
L'Aube
213  pages
9  euros

30-12-2005

 

    Deuxième volume des enquêtes de Delphine Mailly, maintenant avocate spécialisée dans les questions de l'environnement. Ses deux amies corses font appel à elle devant les projets immobiliers d'une SCI "Sole di Corsica" en zone protégée. Evidemment, le monde politique se retrouve rapidement mélé à cette affaire : du préfet à un conseiller de l'Elysée, le milieu politique n'en sortira pas grandi et l'affaire se terminera à l'Assemblée Nationale.

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller/Noir

 


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