« Souffrir à cause du monde ou plutôt souffrir du monde. Ça va mille fois plus loin que la mélancolie. C'est prendre conscience que le monde dans lequel on vit ne répondra jamais à nos attentes. Et cette conscience ne cesse de peser toujours plus. »
Stefan Brijs

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

45587089

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Romans traduits par Jean Descat

Hakan GÜNDAY

Encore
Galaade

375 pages | 24-01-2016 | 24€

Quatre tableaux durs, brutaux pour dresser le portrait de Gazâ, un enfant d’une dizaine d’années, devenu adulte trop tôt, sans enfance et qui aurait pu mourir dès sa naissance. Sa mère morte peu après sa naissance, il suit son père, passeur turc, cynique, sans scrupules ni limites, bien décidé à exploiter au mieux la misère des hommes sur le chemin de l’Europe. L’homme comme une marchandise. Avant leur départ, il doit les garder, les stocker… Trafic inhumain, racket, vol, viol, chantage, barbarie, au sein de cette clandestinité, l’horreur est permanente, l’impuissance des clandestins immense. Et Gazâ et son père ne sont pas les seuls à en profiter… Pourtant, par étourderie, Gazâ deviendra meurtrier, et sera accompagné par le fantôme du disparu. Il en sera ébranlé même s’il continuera à accompagner son père. Un livre coup-de-poing particulièrement réaliste qui explore la noirceur de la nature humaine, les relations de pouvoir. Puissant et terrifiant.

« Le fait d’obéir et de se soumettre permettait de commettre en toute sérénité tous les pêchés, tous les crimes du monde sans être l’auteur de ses propres actions. L’obéissance était un vrai miracle… Plus de responsabilité, plus de remords. Tout le monde aurait dû obéir, pour rejeter ses fautes sur autrui. Que l’on dirigeât une nation ou une bande de gamins, c’était l’unique moyen de rester sain d’esprit. »

« Je pleurai tout mon soûl ! C’est cela, la véritable liberté de l’homme. Pleurer tout son soûl. Et aussi, peut-être, pleurer pour ce qu’il veut… »

Ecouter la lecture de la première page de Encore

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Jean Descat


Murat UYURKULAK

Tol
Galaade

380 pages | 20-06-2010 | 22.2€

Tol est l’histoire d’une vengeance et démarre sur un rythme effréné qui ne faiblira pas, les premières pages secouent le lecteur : « Tranquillement, comme s’il allait à la boulangerie : je sors. Je vais me venger et je reviens. ». Trois personnages prédominent et mêlent leur voix en enchassant leurs récits : Oguz révolutionnaire de la cause kurde des années 60-70, Sair activiste de la même génération qui s’exilera à Paris avant de revenir en Turquie après l’amnistie, Yusuf qui n’a pas connu son père en quête d’identité. Trois trajectoires qui luttent contre l'oppression, oeuvrent pour plus de liberté et témoignent de l’histoire de leur pays par leurs engagements, leurs illusions puis leurs désillusions et leurs échecs qu’ils peineront à supporter. Un roman noir, brûlant, exigeant tant dans sa construction et que dans son écriture.

Thème(s) : Littérature étrangère

Traduction : Jean Descat