'On mange tôt dans les maisons de retraite : les serviteurs ont pris le pas sur les maîtres. Quand vient la marche à la mort, il faudrait donc avancer sa montre ?'   Héléna Marienské

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Phébus




- 18 -



Christophe CARLIER
Ressentiments distingués
Phébus
175  pages
16  euros

07-02-2017

 

    « La première enveloppe arriva le 13 octobre qui ne tombait pas un vendredi. », ce n’était donc pas jour de chance sur l’île ! Et ce n’était que la première ! Evidemment, le quotidien de l’île s’en trouve bouleverser. Les relations ne sont plus les mêmes, les comportements changent, les soupçons grandissent, les rancoeurs renaissent, l’inquiétude croît. Le café « La Marine » devient le centre de l’île, le lieu ou l’on parle, où l’on explique, où l’on annonce, où l’on s’observe, où l’on se côtoie en se regardant de biais… Progressivement, l’atmosphère devient pesante, un mauvais esprit se répand et les habitants se sentent cernés, tournent en rond, étouffent bientôt sur ce petit espace perdu au milieu de l’eau… Dans la seconde partie, le lecteur se retrouve face à face avec le corbeau, l’observe à son tour, découvre ses motivations et ses interrogations quand une corneille se prend à l’imiter… Le corbeau se fera-t-il plumer ? Avec Christophe Carlier, rien n’est moins sûr, les chutes sur une île sont souvent fatales et surprenantes !

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Christophe Carlier lus par Vaux Livres

 


- 17 -



Herman BANG
Les Quatre Diables
Phébus
115  pages
7.6  euros

20-09-2014

 

    Les Quatre Diables sont unis, soudés. Deux sœurs, deux frères, deux couples mais ils ne font qu'un. Ils se sont retrouvés chez le père Cecchi, propriétaire d’un cirque. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils s’aiment d'un amour platonique, ils sont superbes dans l’exécution de leurs acrobaties, le geste est parfait, le danger extrême, l’art les réunit et les sublime, rien ne peut les atteindre. Et puis, l’un des hommes rencontre la passion en dehors du groupe, et l’équilibre est rompu. Les acrobaties toujours sur le fil et la vie elle-même pourront-elles y survivre ? Une vision des hommes noire, très noire, âpre et douloureux.

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Isabelle Frambourg

 


- 16 -



Marie Hélène POITRAS
Griffintown
Phébus
175  pages
15  euros

13-07-2014

 

    Tous les ans à Griffintown, ils reviennent, ceux qui ont survécu à l’hiver, ils reprennent possession de leur box, de leurs chevaux : « On revient toujours à Griffintown, là ou la rédemption est encore possible. On y meurt parfois aussi. Les bottes aux pieds, de préférence. » Les cochers, derniers signes d’un Far West qui se transforme, qui évolue vers la modernité… Griffintown, quartier de Montreal, continue de les accueillir mais « Un jour – et ce jour approche -, cette tradition et tout le legs de connaissances cochères qui l’accompagne disparaîtront. L’écurie, le métier, l’utilité des chevaux de trait et les points d’eau dans la ville pour les abreuver, les vieux harnais, l’art de l’attelage : tout cela finira au musée. » Cette année, une nouvelle pointe son museau… une jeune novice entêtée et amoureuse des chevaux souhaite rejoindre la communauté des cochers. En découvrant ce métier, elle vivra aussi sa mort tragique qui l’éprouvera jusque dans son corps. Des cow-boys, des chevaux, des méchants, de l’amour, un meurtre, des projets immobiliers, un vrai-faux western noir, âpre et émouvant.

« A Griffitown, les fantômes errent, plus nombreux que les anges. »


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 15 -



Marie LE GALL
Au bord des grèves
Phébus
140  pages
14  euros

27-04-2014

 

    Léna, la cinquantaine, partage son existence en Paris et sa région natale, les Montagnes Noires de Bretagne. Léna vit seule, en souffrance mais un couple d’amis la mènera vers deux rencontres inattendues, de ces rencontres qui vous changent, qui réorientent votre vie, qui créent un lien indélébile, malheureuses ou heureuses, douces ou violentes, sombres ou lumineuses, de ces rencontres qui vous marquent à jamais. Elle croisera tout d’abord Ben, un jeune et bel Américain, son opposé qui pourtant il saura la séduire, elle y prendra du plaisir, y croira et finalement s’y brûlera et le repoussera. Puis elle se retrouvera aux côtés d’un couple et surtout de Maria, malade, qui se sait condamnée. Elle accepte néanmoins son destin avec sérénité, sait en parler calmement avec recul. Léna puisera de cette rencontre sagesse, partage, acceptation de soi et la force de continuer même seule. On retrouve avec grand plaisir l’écriture raffinée de Marie Le Gall dans ce bel hommage aux rencontres, aux rencontres qui font grandir et se trouvent souvent au centre de réconciliations. Et chacun aura droit à son (ses) rendez-vous : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous. ».

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie Le Gall lus par Vaux Livres

 


- 14 -



Angélique VILLENEUVE
Les fleurs d'hiver
Phébus
160  pages
15  euros

26-04-2014

 

    Jeanne est une femme du peuple. Elle vit seule avec sa fille Léo, et travaille comme ouvrière fleuriste à son domicile, elle fabrique des fleurs artificielles, superbes, irréelles, si éloignées de la noirceur du quotidien. Métier artisanal qui exige précision, minutie, attention et concentration ce qui ne l’empêche pas de penser à Toussaint son époux. Il aimait la vie, grand, beau, il rayonnait au milieu de ses amis. Et puis, il y eut la grande guerre, il partit, il fut blessé, elle le sut mais il refusa qu'elle vienne le voir. Puis il revint, un jour, sans prévenir. Pourtant c’est un autre homme qui franchit la porte, blessé psychiquement et physiquement, un bandeau lui cachant le visage, le silence l’accompagnant. Mais si Jeanne sait qu’« elle a perdu sa vie d’avant », elle continue d’aimer, de vouloir cet homme, elle est patiente, courageuse et amoureuse, elle pansera chaque blessure avec douceur et attention. Elle et Léo continueront d’espérer de retrouver leur Toussaint (« Toussaint était à elles. ») et qu’il « bascule » à nouveau dans la vie et l’amour pour enfin ne redevenir qu’un. Angélique Villeneuve dans ce court roman (une belle habitude) a trouvé un angle singulier, émouvant et percutant pour évoquer la guerre, le quotidien de femmes simples, leurs vies éprouvantes au cœur de cet épisode tragique mais aussi la douleur de la disparition comme les difficultés du retour. Chaque mot est pesé, l'écriture ciselée, Angélique Villeneuve laisse deviner, ressentir, le ton est sensible sans pourtant jamais dissimuler réalité et vérité, les choses sont dites délicatement, les sentiments éprouvés, même le silence s’entend chez Angélique Villeneuve !

« Il est un creux immense, et Jeanne ignore s’il est possible de l’emplir. Si à eux deux ils en seront capables. »

« La victoire est belle, mais elle aplatit tout, voilà ce qu’elle se dit. La victoire assourdit les douleurs personnelles en en faisant plus qu’une, nationale. Elle n’écoute pas. Et Jeanne veut écouter. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Angélique Villeneuve lus par Vaux Livres

 


- 13 -



Jeanne CORDELIER
Escalier F
Phébus
140  pages
15  euros

20-11-2012

 

    Jeanne Cordelier, l’auteur de La Dérobade revient par la voix de Dany la narratrice de l’histoire de sa famille. Grâce notamment à l’écriture, Dany s’est éloignée de cet espace de violence physique et morale, de méchanceté. Elle renoue avec son enfance ("Plus de témoins de ce qui avait été une enfance de merde, mais une enfance quand même"), une fratrie nombreuse qui aurait tant voulu être aimée, partagé une tendresse qui ne viendra jamais au contraire des coups, des humiliations, voire des viols. Un père violent et souvent absent, une mère malfaisante, perverse et vicieuse, le venin instillé n’est pas mortel malgré les souffrances immenses. Chaque enfant forge sa carapace, à sa façon, sans haine. Le groupe demeure uni, une tendresse sans illusion et franche les unit, chacun connaît l'autre parfaitement, lucidement ce qui n'interdit pas l'affection qu'ils se portent l'un à l'autre. Pour rendre compte de cette atmosphère et de ses relations extrêmes, de la vie, de la maladie, du vieillissement ("Tout finit par pencher, les seins, les couilles, et les paupières. Tout. On baisse. Et quand on part pas les pieds devant, c'est les mains. On part à tâtons."), de la mort, l’écriture se devait d’être violente, crue, sans concessions et sans effets. De même, le discours est direct, franc et lucide, et entraîne le lecteur au cœur de cette famille singulière.

"Les morts ont le pouvoir de mettre les choses en lumière."


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Thème(s) : Littérature française

 


- 12 -



Julie OTSUKA
Certaines n'avaient jamais vu la mer
Phébus
144  pages
15  euros

12-08-2012

 

    Au début du XXème, un groupe de jeunes Japonaises de 12 à 37 ans venant de toutes les régions du pays part en bateau à destination des Etats-Unis pour se marier. Elles ont en main une photo du futur époux qu’elles n’ont pas choisi, des portraits ressemblant à ceux de leurs pères et frères. Confiantes, pleines de rêves, elles débarquent à San Francisco et la déception sera à la hauteur de leurs espoirs. Les voix sont multiples, et rendent compte des différents instants de vie de ces femmes. Rien ne correspondra à ce qui était annoncé, l’accueil, la vie de couple, les enfants, le travail… Le déclenchement de la seconde guerre et Pearl Harbour éprouvera considérablement le quotidien de la communauté japonaise… Un récit choral puissant qui revient avec précision et humanité sur un exil tourmenté, décevant et amer.

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Carine Chichereau

 


- 11 -



Angélique VILLENEUVE
Un territoire
Phébus
15  pages
152  euros

18-12-2011

 

    Un territoire propose le portrait d'une femme à part, isolée. Encore jeune, elle se sait rapidement sourde mais ne peut être appareillée. Elle a toujours vécu dans la maison de son enfance, territoire de cette famille où malgré sa mise à l'écart, enfant, elle parvenait à savourer quelques bons moments notamment avec sa soeur. Peu à peu, son entourage l'ignore, avant pour certains de la brimer ("S'ils faisaient un effort pourtant, les gens, elle les comprenaient assez bien. Mais ils n'en faisaient jamais longtemps. Bientôt, elle n'eut même plus à sourire."). Aucun du Garçon, de la Fille, de la Soeur, de la Mère et du Père n'aura un geste, une attention. Elle occupe maintenant ce territoire accompagnée du Garçon et de la Fille, vie à trois éprouvante qu'elle semble néanmoins accepter. Elle reste attentive et attachée à des choses simples, souvenirs anodins mais si marquants et évocateurs qui l'aident à résister, à rester droite mais aussi à rester prisonnière de ce territoire... Un bel hommage et un portrait douloureux d'une femme différente que son handicap repoussera loin d'une vie familiale apaisée et à qui personne ne saura accorder attention et amour.

"Elle n'est pas complètement sourde, seulement un peu. Et pas débile, comme ici, au village, chacun se l'imagine, à cause, au début, des sourires à contretemps, des yeux roulants quand la voix des autres s'engluait, des oui, des d'accord, des ah bon lâchés au hasard, pour faire plaisir, pour ne pas s'enfuir. Mais rapidement et malgré sa bonne volonté, ceux du village se sont fait leur idée."


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Angélique Villeneuve lus par Vaux Livres

 


- 10 -



Joseph O'CONNOR
Muse
Phébus
280  pages
19  euros

16-07-2011

 

    John Millington Synge fut un grand dramaturge irlandais du début du XXème. Agé de 37 ans, éperdument amoureux, il fréquente la jeune et prometteuse comédienne Molly Allgood. Sa passion pour cette muse est difficilement acceptée, différence d’âge, différence de classe... Elle s'achèvera avec la mort prématurée de Synge. Cinquante ans plus tard, Molly revient dans un dialogue avec elle-même sur cette aventure dans l’Irlande des années 1900. Actrice déchue et délaissée, elle est pauvre, seule et boit mais n’a rien oublié de ces années. Les souvenirs resurgissent, l’interpellent, son refus des conventions, leur passion partagée, leurs différences... Triste fin de vie de cette actrice qui a endossé merveilleusement les rôles créés par l’auteur qu’elle adulait et l’homme qu’elle aimait. Elle fut reconnue, admirée puis oubliée. « Professionnelle de la mémoire », elle se souvient de tout, de leurs échanges, des lettres, de leurs querelles, de leurs différences marquées (même leurs parlers s’opposaient) qui pourtant les rapprochaient. Muse nous offre deux portraits exceptionnels de deux personnages hors du commun avec comme toile de fond une Irlande puritaine au quotidien âpre et d’une passion partagée par deux caractères différents.

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Carine Chichereau

 


- 9 -



Angélique VILLENEUVE
Grand paradis
Phébus
171  pages
16  euros

18-08-2010

 

    Dominique, la cinquantaine, est fleuriste à Rochefort. Séparée de son mari, elle vit seule. Sa sœur frise la folie depuis de nombreuses années, son père s’est envolé de longue date et sa mère est décédée figée dans son amour pour cet homme qui semblait l’ignorer. Dominique s’est créée une vie en marge, loin des humains, plus proche de la nature et sa beauté, tel son site favori, le Grand paradis. Son quotidien sera bouleversé par une photo familiale représentant un portrait étrange d’une aïeule, Léontine. Le portrait est signé d’un collaborateur du professeur Charcot à la Salpétrière. Dominique part sur ses traces, dans les pas de l’hystérie, et son enquête la mène dans les archives de l’hôpital en chasse de Léontine mais cette traque lui révèlera également beaucoup sur sa famille et sur elle-même. Un roman douloureux où la différence de l’héroïne sera l’un des moteurs de son enquête qui lui apprendra qui elle est et lui procurera une certaine forme d’apaisement.

"Grand Paradis, la vie minuscule des branches dans la haie, Grand Paradis, la lumière bourdonnante des mouches qui calment les pleurs, Grand Paradis, le silence loin des humains."


Thème(s) : Littérature française

Les titres de Angélique Villeneuve lus par Vaux Livres

 


- 8 -



Martin PROVOST
Bifteck
Phébus
125  pages
11  euros

08-06-2010

 

    Loïc et Fernande tiennent la boucherie Plomeur installée de longue date à Quimper, chez les Plomeur, on est boucher de père en fils. Les Plomeur aiment leur métier, gagnent beaucoup d’argent et aimeraient que leur fils André suive leur trace. Leur éducation s’en ressent : son premier vocabulaire aura trait à la viande, la caisse journalière du magasin lui permettra d’apprendre à compter… André sera bon élève, « le jeune boucher avait le don de faire chanter la chair », toutes les chairs… Alors que les hommes mobilisés partent vers une autre boucherie dans les tranchées de l’Est de la France, ils quittent les rues quimpéroises, et leurs femmes se retrouvent seules. Lorsqu’elles ont vent des exploits du jeune André, elles se précipitent au magasin… Le commerce prospère et André affine son expertise. Et puis la guerre se termine, l’armistice est signé, les hommes reviennent et un matin, André trouve un bébé devant la boucherie, six autres suivront ! Sept enfants qui bouleversent la boucherie Plomeur, les affaires vont mal. Du jour au lendemain, père de sept enfants ! Mais l’attachement viscéral d’André à ses sept bambins l’entraîne vers d’autres cieux… Martin Provost nous offre un plat succulent, assaisonné d’un humour prononcé mais toujours à bon escient, un conte drôle, tendre, humaniste et loufoque, agrémenté d’une folie jubilatoire. Un vocabulaire tendre ou cru comme une bonne viande saignante, un livre à dévorer !

« La vie était un jeu que les enfants pratiquaient à merveille. Avec eux, il était invincible »

Thème(s) : Littérature française

 


- 7 -



Guillaume LEBEAU
Trigone, la dernière guerre 2008-2011
Phébus
338  pages
23  euros

30-01-2010

 

    Trigone est le dernier opus de la trilogie « La dernière guerre (2008-2011) » de Guillaume Lebeau. Les aventures de Jean d’Estavil arrivent à leur terme, elles le mèneront de Stockholm à Singapour en passant par la Syrie, l’Irak et l’Amérique du Sud. Accompagné du hacker Suricate et du flic atypique Le Fugu, il devra tenter de lire de mystérieuses disquettes obsolètes tout en semant de mystérieux tueurs professionnels qui ne les lâchent pas d’une semelle. Une course contre la montre au cœur du terrorisme et au plus proche de ses acteurs qui leur fera découvrir un secret particulièrement envié qui pourrait aussi bien détruire la planète que la sauver alors que des meurtres mystérieux atteignent des ingénieurs nucléaires européens et que des attentats s’attaquant à la technologie frappent l’Europe en divers points. Mais Jean est cette fois décidé à aller jusqu’au bout et continue d’espérer trouver la clé de la disparition de sa femme. Un troisième volume qui conclut avec brio la trilogie de politique fiction de Guillaume Lebeau.

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Guillaume Lebeau lus par Vaux Livres

 


- 6 -



Hugo HAMILTON
Comme personne
Phébus
331  pages
22  euros

23-01-2010

 

    La seconde guerre se termine et Maria Liedmann fuit un Berlin dévasté. Elle retrouve son père alors qu’elle vient de perdre son enfant, le petit Gregor. Elle se laisse balloter dans cette fuite sans but, parmi une foule hagarde et apeurée. Emil, son père, est prêt à tout pour tenter de redonner vie à sa fille, même un fils ! Il croise un orphelin, saisit sa chance, et le confie à sa fille. Il sera son fils. Gregor. Personne n’y trouvera rien à redire. Pourtant soixante plus tard, Gregor en est encore à se demander qui il est. Un ami d’Emil son grand-père a instillé très tôt le doute dans la tête de Gregor quant à ses origines. Gregor n’aura de cesse d’élucider l’énigme de ses origines. Ne serait-il pas un petit orphelin juif à qui l’on aurait menti depuis le début ? Gregor pourra-t-il se construire, devenir quelqu’un ou conserver ce sentiment de n’être « comme personne » et continuer d’errer dans une vie hésitante...

« Il a toujours dû s’arranger avec son passé et développer, jeune homme, des procédés, certaines aptitudes qui lui permettaient de filtrer l’indésirable. Vannage et triage : c’est l’expression qui lui est venue pour décrire cette activité mentale au cours de laquelle chacun arrange ses propres souvenirs de façon à pouvoir vivre avec. »

« Existe-t-il des personnes qui n’ont pas le don d’aimer, comme d’autres n’ont pas l’oreille musicale, le don de la danse ou ce sens de l’équilibre qui permet de faire tourner une assiette sur un bâton ? Des êtres dont l’histoire est dévastée. Dont la poitrine accueille un cœur froid. A qui cette précieuse substance a été arrachée à un moment ou à un autre. Qui n’ont jamais trouvé le moyen de l’exprimer ou de la recevoir. L’amour n’est-il rien d’autres qu’une manifestation d’insécurité ? »

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Joseph Antoine

 


- 5 -



Marie LE GALL
La peine du menuisier
Phébus
283  pages
20  euros

24-08-2009

 

    C’est une histoire de famille, de relation filiale qui n’aboutira pas, de secrets et de silences. L’atmosphère est pesante et Marie-Yvonne, la narratrice, « petite fossoyeuse amoureuse des cimetières », y est sensible dès son plus jeune âge, les ancêtres, invisibles, rodent alors que les morts et la mort unifient la famille dans ces maisons imprégnées du passé et dans les cimetières (« On respecte les morts. Ils existent. On les aime jusqu’au bout et surtout au-delà. »). Initialement et pour très longtemps, la cause lui en demeure inconnue. Elle vole au détour d’une conversation un mot, une phrase, une question qui éveillent sa curiosité. Mais ce sont surtout "les encadrés" de la maison qui pèsent par leurs regards fixes, froids et définitifs sur la famille qui se tait et s’efface devant ses morts. La mort est omniprésente : « C’est l’histoire d’un homme, cinquième d’une famille de dix enfants, fils d’agriculteurs du Porzay, Finistère sud, ouvrier de l’arsenal de Brest, marquis de la p’tite gamelle, un homme assis chaque soir à table en face de ma mère. ». La narratrice est la fille de cet homme bien que, jamais de son vivant, elle ne pourra l’appeler papa ou mon père, il restera le Menuisier, cet homme taciturne. Ils se regardent de biais, s’épient, s’aiment mais jamais n’ébaucheront ne serait-ce que le début d’un dialogue. Leur symbiose totale les empêche finalement de se connaître, de se rencontrer. Ce n’est après qu’une longue enquête qu’elle découvrira le lourd passé dont elle a hérité, qu’elle a toujours ressenti et qui demeure inscrit en elle. Une belle écriture au service d’une quête lente et obstinée d’un secret familial entêtant dans la Bretagne des années 50.

Premier roman

« Je savais que la mort pouvait entrer sans prévenir comme une voleuse, que, sans la voir, on pouvait sentir sa présence toute-puissante et paralysante. Mais ça se passait chez les autres, ou avant ma vie. A la maison, elle était seulement sur les murs, c’était sa place, immuable. Nous étions les gardiens de nos morts. »

« Nous ne sommes pas seulement héritier d’un patrimoine génétique, mais d’un nombre infini d’émotions transmises à notre insu dans une absence de mots, et plus fortes que les mots. »

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Marie Le Gall lus par Vaux Livres

 


- 4 -



Ingrid THOBOIS
L'ange anatomique
Phébus
187  pages
15  euros

22-07-2008

 

    Deuxième roman d’Ingrid Thobois qui nous entraîne dans les traces d’une femme ou plutôt d’une épouse. Elle vit avec Ehsen depuis un coup de foudre fulgurant même si leur relation a peut-être dépassé son apogée. Pour partager sa vie, elle a quitté Paris pour Naffa. Jusqu’à cette chute, chute du couple mais surtout d’Ehsen. Elle le retrouve allongé, immobile et il le restera. Handicapé. Ses jambes et la partie inférieure de son corps ne répondent plus. Le corps devient une obsession et s’accorde la place centrale du couple. Pourra-t-il résister ? Le couple pourra-t-il dépasser ce drame ? Comment l’amour se transformera-t-il ? Cette femme pourra-t-elle, elle aussi, renaître ? La première partie est réservée exclusivement à cette rencontre tragique et quelque peu désespérée avec ce corps qu’est devenu son compagnon. Puis dans la seconde partie, son propre corps devient l’objet de toute son attention. Elle devient par le hasard des rencontres modèle pour un peintre. Elle pose nue devant lui et ses élèves. Immobilité maîtrisée d’un corps devant ses yeux attentifs et scrutateurs. Ingrid Thobois décrit avec retenue les sentiments de cette femme devant ce drame et la place du corps dans les relations d’un couple.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Ingrid Thobois lus par Vaux Livres

 


- 3 -



Guillaume LEBEAU
Hexagone, la dernière guerre 2008-2011
Phébus
396  pages
20  euros

01-05-2008

 

    Nous retrouvons avec grand plaisir Guillaume Lebeau pour le deuxième volet de sa trilogie La dernière guerre 2008-2011. Après Pentagone, l'action d'Hexagone se déroule en France en 2009 alors que Nicolas Sarkozy est toujours au pouvoir épaulé par son équipe de conseillers omniprésents. Le livre s'ouvre sur une série d'attentats kamikazes meurtriers en plein centre de la capitale. Le colonel Jean d'Estavil, héros du premier volume, se trouve aux premières loges puisqu'il avait reçu une mystérieuse convocation d'une organisation d'informateurs très discrets (WOPR) et particulièrement bien informés des agissements étatiques et souterrains. N. Sarkozy et ses conseillers tentent de gérer la crise mais dans le même temps, au Moyen-Orient, la situation empire et devient catastrophique. Les Américains bombardent Téhéran... L'escalade vers le pire semble enclenchée et irrémédiable. Jean d'Estavil, en compagnie de Vigdis, la journaliste islandaise, plonge à corps perdu dans l'enquête sur ces attentats qui en annoncent peut-être d'autres et encore plus terribles... Le colonel n'a toujours pas fait le deuil des disparitions étranges et subites de sa femme et de son enfant. Il continue de chercher des explications et ce qu'on lui cache. Deux enquêtes qui progressent en parallèle ou conjointement... Guillaume Lebeau réussit encore avec brio à tenir en haleine le lecteur dans ce deuxième opus de politique fiction hélas si réaliste !

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Guillaume Lebeau lus par Vaux Livres

 


- 2 -



Rebecca HARDING DAVIS
De ses mains
Phébus
91  pages
5.9  euros

12-01-2008

 

    Réédition d'un texte publié anonymement en 1861 qui nous transporte dans l'univers des ouvriers de la sidérurgie en Virginie-Occidentale. Paysage et atmosphère brumeux, ouvriers exploités et méprisés... Hugh Wolfe est l'un d'eux et avec les résidus de métal, il sculpte, il sculpte des personnages hyper-réalistes, aux expressions et aux attitudes humaines, en attente... Lors d'une visite de bourgeois encadrés par les cadres de l'entreprise, une sculpture représentant une femme attire leur attention. Entre admiration, condescendance et mépris, leur dialogue avec Hugh éveillera sa conscience politique et sociale pour son plus grand malheur...

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Carole Zalberg

 


- 1 -



Guillaume LEBEAU
Pentagone, la dernière guerre 2008-2011
Phébus
294  pages
20  euros

25-05-2007

 

    Le colonel Jean d'Estavil est à la tête de l'UTCENVIR (Unité des techniques de combat environnementales) créée à l'issue de la première guerre en Irak. Son objectif est l'étude de l'impact des nouvelles technologies de guerre sur l'environnement. Cependant il apprend la mort de son épouse, elle-même officier, au cours de son accouchement. L'accès au corps lui est interdit raisons de sécurité nationale. Cet évènement le conduit à prendre du recul. Mais un ancien collègue, David, et une journaliste islandaise, Vigdis, enquêtant sur l'utilisation de l'uranium appauvri en Irak, contactent Jean et le persuadent de les aider. David fait partie d'un réseau secret et souterrain d'informateurs baptisé WOPR particulièrement efficace dans la recherche d'informations sensibles secrètes. Pentagone, premier volume d'une trilogie, est un thriller technologique de politique-fiction ne délaissant pas les notions de préservation de l'environnement et des ressources de la planète. Guillaume Lebeau manie parfaitement le mélange fiction-réalité dans cette phase d'embrasement du Moyen-Orient.

Thème(s) : Littérature française Polar/Thriller

Les titres de Guillaume Lebeau lus par Vaux Livres

 


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