'Les livres naissent d’un germe infime, un œuf minuscule, une phrase, une image, une intuition, et ils grandissent comme des zygotes, organiquement, cellule après cellule, en se différenciant en tissus et en structures de plus en plus complexes, jusqu’à devenir une créature complète et souvent inattendue.'   Rosa Montero

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Les Presses de la cité




- 5 -



Emma DONOGHUE
Le pavillon des combattantes
Les Presses de la Cité
358  pages
21  euros

23-08-2021

 

    Julie Power est une jeune infirmière et la période est plus qu’éprouvante : 1918, Dublin et l’Irlande ravagés par la guerre qui tarde à s'achever, subissent une terrible épidémie, la grippe espagnole (qui tuera davantage que la première guerre). Julie travaille dans un pavillon qui accueille les femmes enceintes qui arrivent souvent malades et atteintes de la grippe. Julie assure le service avec dynamisme et humanité malgré les accouchements qui parfois se terminent mal pour le bébé ou la maman. Elle se pose beaucoup de questions, se sent souvent seule et aimerait être aidée, seule une jeune orpheline l’accompagne. Celle-ci se confiera et partagera son passé, enfance placée et maltraitée par les bonnes soeurs et autres curés. Trop rarement, le Dr Kathleen Lynn apportera son aide et son expertise mais membre du Sinn Féin, elle continue d'être recherchée par la police. Le frère de Julie, parti à la guerre presque avec le sourire, est revenu silencieux, incapable de parler. Comme souvent, un roman irlandais âpre et dense aux thèmes multiples : une pandémie terrible (tiens, tiens), le poids de la religion et de la politique sur la société, la maltraitance des religieux sur les femmes et les enfants, les scandales de l’église irlandaise, les ravages de la guerre 14-18, les accouchements dans ces conditions compliquées et la relation au corps, quelques lumières fugaces éclairent néanmoins le récit comme la relation entre Julia et Bridie.

« L’homme finit toujours par composer avec toutes les épidémies. Ou au moins par les contenir. »


Ecouter la lecture de la première page de "Le pavillon des combattantes"   

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Valérie Bourgeois

 


- 4 -



Patrick RENOU
D'une île à l'autre
Les Presses de la Cité
320  pages
20  euros

15-08-2021

 

    Novembre 1946. Les quais du port de Cherbourg fourmillent de monde. Milena attend devant l’Ile de France son mari. Ils doivent embarquer pour New-York. Il ne viendra pas, désespérée, elle montera à bord comme passager clandestin sur le paquebot. Ils avaient prévu cette éventualité, il la rejoindra dès que possible. Enceinte, elle accouche sur le bateau. Le commandant doit la déclarer comme passager clandestin mais tentera de la protéger sur ce bateau où bon nombre de passagers sont riches et continuent leur vie luxueuse : un combat de Marcel Cerdan qui acceptera d’aider Mila, la musique de Charlie Parker... « D’une île à l’autre » relate les pérégrinations de Mila. Elle se raconte pour laisser une trace, un témoignage. Cela passe d’abord évidemment par son passé : un passé en Lettonie éprouvant, violent, terrible dans les camps nazis, sa rencontre avec un chirurgien russe qui deviendra son époux. Mais l’avenir n’est pas oublié : elle est en effet heureuse de rejoindre la liberté, certaine de son bonheur dans ce nouveau pays quand son mari l’aura rejointe. Basé sur une histoire vraie, un portrait émouvant d’une femme déterminée à vivre libre malgré les épreuves de l’Histoire.

Ecouter la lecture de la première page de "D'une île à l'autre"   

Thème(s) : Littérature française

 


- 3 -



Susan KRELLER
Villa Pirasol
Les Presses de la Cité
235  pages
19  euros

26-03-2020

 

    Gwendoline, 84 ans, vit enfermée dans sa Villa Parasol. Une vie depuis longtemps dans la solitude, les souvenirs, la résignation et la soumission. Elle partage cet espace clos avec Thea, plus jeune qu’elle, qui la maintient sous sa coupe avec autorité, comme si elle avait un différent à régler avec elle. Mais jusqu’à aujourd’hui Gwendoline a toujours préféré le silence et n’a jamais su lever la tête, prendre son destin en main. Gwendoline a vu tous ses proches disparaître. Sa mère, son père que les livres n’auront pu sauver, loin de là, et qui aura connu les camps, son fils disparu suite à la maltraitance et la sévérité de son mari, un deuil sans sépulture, et enfin cet époux violent et cruel. Mais aujourd’hui, la rumeur court, son fils serait de retour. Thea craint qu’il n’exige sa part, elle dresse alors un mur entre Gwendoline et l’extérieur. Gwendoline saura-t-elle enfin à 84 ans malgré sa fatigue et sa lassitude briser ce mur, devenir visible, se libérer et dire non ? Une histoire de soumission, une histoire de l’Allemagne, un huis clos qui n’en est pas un, puisqu’à travers cette longue vie de Gwendoline, Susan Kreller revient aussi sur le poids de l’histoire, histoire de l’Allemagne, l’avant-guerre, la guerre (« la période des Égarés ») et l’après-guerre.

Premier roman

« … qu’on résiste ou pas n’a aucune importance parce que, l’enjeu, c’est de devenir quelqu’un à qui on fait croire qu’il résiste. »


Ecouter la lecture de la première page de "Villa Pirasol"   

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Corinna Gepner

 


- 2 -



Marina MANDER
Le premier vrai mensonge
Les Presses de la cité
200  pages
16  euros

01-09-2013

 

    Luca âgé d’une dizaine d’années vit seul avec sa mère et son chat. Il ignore tout de son père et voit passer quelques hommes dans la maison, mais ils ne font que passer. Un matin, avant de partir à l’école, il s’aperçoit que sa mère est morte. Il ne peut y croire et part à l’école en espérant qu’elle se réveille. Hélas, à son retour, il doit bien s’y résoudre, sa mère est belle et bien morte. Néanmoins, par peur de l’orphelinat, il décide de se taire et continuer de vivre comme avant, premier mensonge qui en entraînera d’autres… Marina Mander en faisant parler le petit Luca qui a ses mots, ses expressions et son imagination évite les écueils misérabilistes et nous offre un récit poignant et intense mais aussi frais et même parfois joyeux. Pourtant le regard de Luca, que l’on aimerait tant protéger, sur le monde adulte est particulièrement aiguisé et loin d'être tendre. Une émouvante et vibrante tragédie prétexte aussi à décrire le monde de l’enfance et sa psychologie.

« Les adultes n’imaginent pas tous les trucs que les enfants doivent s’inventer pour être ce qu’ils sont. »

Ecouter la lecture de la première page de "Le premier vrai mensonge"   

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Diane Ménard

 


- 1 -



Buddhadeva BOSE
La fille de nos rêves
Les Presses de la Cité
168  pages
20  euros

30-10-2011

 

    Au hasard de leurs pérégrinations, quatre Bengalis d’âge mur se retrouvent dans le même compartiment d’un train bloqué dans la gare d’une petite ville entre New Dehli et Calcutta. Quatre hommes qui n’auraient pas dû se rencontrer, tout les oppose : leurs classes sociales, leurs apparences physiques, leurs caractères… Pourtant, eu égard au confinement et à la durée du voyage, le dialogue se noue peu à peu, surtout après l’immobilisation du train. Ils se réfugient alors dans une salle d’attente « lugubre et sordide » espérant atténuer le froid de l’hiver. Une forte impression de chaleur inonde la salle lorsque la porte s’ouvre sur deux jeunes amoureux, un couple de jeunes mariés « toujours absorbés par leur amour ». Cette vision provoque une longue série de confidences : « nous avons tous connu ce que ce couple est train de vivre ! Tout le monde a aimé » et chacun se lance avec réticence au départ dans le récit de l’Histoire d’amour qui l’a définitivement marqué : amour déçus, amours impossibles, amours partagés… Voyage au sein de la petite bourgeoisie indienne avec ses us, ses aléas, ses joies et peines, voyage dans l’intimité des sentiments délicats et pudiques de quatre hommes continuant de rêver aux femmes qui les ont marqués à jamais. Un joli texte tendre et d’une grande fraîcheur.

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Sylvie Schneiter

 


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