'On ne réalise pas qu'on nage en plein bonheur quand on se contente de barboter dedans.'   Anne-Frédérique Rochat

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Romans traduits par Eric Boury




- 9 -



Arni THORARINSSON
Treize jours
Métailié
286  pages
21  euros

15-12-2018

 

    Einar est à un tournant de sa vie. Ou plutôt à Treize jours » d’un nouveau tournant de sa vie. Treize jours et trois ultimatums : décider s’il rejoint sa dernière maîtresse, banquière énigmatique recherchée par la police, décider de son avenir au sein du Journal du soir, et enfin retrouver (peut-être avec l’aide de la police) le tueur d’une lycéenne retrouvée assassinée dans un parc. Or, cette lycéenne lui rappelle sa fille Gunnsa plus jeune qui va se joindre à lui et avec fougue pour l’enquête en ignorant parfois les dangers face à une jeunesse en pleine dérive fricotant avec les milieux interlopes du monde de la nuit, prostitution, drogue, alcool, et autres réseaux sociaux… Et naturellement les relations entre Gunssa (bien partie pour prendre la suite d’Einar) et son père croiseront le déroulement de l’enquête et les choix finaux d’Einar. Des personnages humains, sensibles, en prise directe avec les difficultés de la vie, des relations amoureuses et filiales et du monde du travail, un polar noir très contemporain au cœur d’une société islandaise minée comme d’autres par les difficultés sociales et économiques.

« Il n’y a aucune limite à ce dont l’homme est capable. Ca se vérifie tous les jours. Nous ne sommes que des animaux. Nous sommes des prédateurs, des prédateurs en tenue de camouflage. »


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Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller
Traduction : Eric Boury

 


- 8 -



Gudbergur BERGSSON
Il n'en revint que trois
Métailié
207  pages
18  euros

25-03-2018

 

    Gudbergur Bergsson avec son style épuré dresse le portrait du peuple islandais du XX ème siècle au travers d’une famille (jamais prénommée) installée dans une ferme isolée dans la campagne du pays. Des paysages décharnés et une nature que l’on ne peut qualifier de luxuriante ! Paysage ardu, vie ardue, personnages ardus. Pourtant, c’est le XXème, alors sans crier gare, imperceptiblement, le monde extérieur s’invite dans cet environnement, les visiteurs passent, certaines et certains s’éloignent, certains reviendront, d’autres non. La modernité et le « progrès » pointent leur nez et leurs effets… Qu’est-ce qui peut attirer dans ce lieu rugueux et lunaire où la vie reste un combat ? L’auteur dresse un portrait humain, sans épargner ses compatriotes, avec franchise et profondeur, il entraîne et aimante immédiatement le lecteur avec un ton et une écriture personnels au cœur de ce pays qui a pris une place prépondérante dans la littérature européenne, après le douloureux et inoubliable « Deuil », le voyage en vaut la peine !

« Parce que être libre signifie à la fois jouir de certains droits et être garant de la liberté et des droits d’autrui. »

« Les guerres sont-elles nécessaires pour que les hommes et les nations apparaissent sous leur jour véritable ? La paix fausserait-elle l’image des individus et des peuples ? »

« Cette conversation vit surgir l’étrange forme d’humour qui s’empare de certains vieillards quand ils comprennent qu’ils ont un passé aussi long que leur avenir est bref. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 7 -



Eirikur Örn NORDDAHL
Heimska La stupidité
Métailié
158  pages
17  euros

23-02-2017

 

    Un couple d’écrivains islandais vient d’exploser, ils vivent dans une société sous surVeillance (« Aki et Lenita étaient jadis deux individus civilisés. »), les caméras sont partout, la téléréalité est devenue réalité, transparence totale, tous sont surveillés tout en surveillant les autres, pour leur sécurité naturellement, la population l’a acceptée et le supporte, peut-être l’a-t-elle attendue cette solitude moderne ! Alors en toute transparence, Aki et Lenita vont s’affronter, compétition sexuelle et littéraire (le plagiat dans la transparence est-il possible ?). Ils écrivent le même roman et partagent par caméras interposées leurs ébats… Pourtant, certains, installés dans une ancienne usine de crevettes, envisagent une autre société mais il leur en coûtera cher… Court roman mordant et percutant, au rythme et au style impeccables, décrivant avec grande vraisemblance et ironie (voire joie) une société aliénée à l’observation de son voisin adoré !

Sur le même thème mais sur un tout autre ton, lire l'indispensable "Sauvagerie" de Ballard.

« L’avenir n’a rien à voir non plus avec un quelconque salmigondis – on ne saurait le lire dans le marc de café au fond d’une tasse en porcelaine, ni dans les lignes de la main, ni dans les boyaux d’un agneau, pas plus que dans les reflets d’une boule de cristal. Il n’a rien à voir avec les conjectures de nature sociale, l’imagination des poètes, les équations des scientifiques, la gouvernance du pouvoir politique ou les attentes et les exigences de la population. Il est réel. »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 6 -



Arni THORARINSSON
Le crime histoire d'amour
Métailié
140  pages
17  euros

07-01-2016

 

    Frida vient d’avoir dix-huit ans. Elle est enfin majeure et ce pourrait être un grand jour. Néanmoins, elle n’a pas oublié le temps passé où petite fille, elle était entourée d’une mère et d’un père aimants. Et puis, du jour au lendemain, ce fut l’enfer, les disputes, le silence et la séparation. La blessure est encore ouverte, aucun pardon, de l’incompréhension, de la haine mais aussi toujours de l’amour. Elle s’est éloignée d’eux sans les quitter des yeux. Cette journée devrait être particulière car ils lui avaient promis de tout lui expliquer le jour de ses dix-huit ans. Tiendront-ils leur promesse ? Quel est ce lourd secret qui a provoqué l’explosion définitive de cette famille, de sa famille ? Cette chronique d’une catastrophe annoncée est tendue, très tendue et surtout noire de noir !

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Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller
Traduction : Eric Boury

 


- 5 -



Jon Kalman STEFANSSON
D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pied
Gallimard
444  pages
22.5  euros

12-08-2015

 

    Après son inoubliable trilogie, Jon Kalman Stefansson nous offre un nouveau voyage au cœur de l’Islande, dans « l’endroit le plus noir du pays », une ville particulière oubliée de tous, Keflavik, « Celui qui habite Keflavik ne vit pas vraiment en Islande, ni tout à fait sur terre, il est ailleurs, à l’arrière de toute chose, perdu... ». Pour retracer l’histoire de ce bout de terre, Stefansson joue avec le temps et sa chronologie en considérant la saga sur trois générations d’une famille, des marins, des pêcheurs, un poète, des femmes, de l’amour, des rêves, de la folie, la mort, c’est donc aussi l’histoire du temps, de sa force et son action inexorable, élimant tout sur son passage, l’amour, les vies et les mots bien aidé parfois par les politiques et leurs fameux cotas. Dense, âpre, puissant, humain, tout simplement éblouissant, mais dommage qu’un billet pour l’Islande ne soit pas glissé dans le roman !

« Nulle part ailleurs en Islande, les gens ne vivent aussi près de la mort. »

« … les souvenirs sont des gros blocs de pierre que je traîne derrière moi. »

« La vie, lit-on quelque part, est un faisceau de lumière qui traverse brièvement les ténèbres et s’évanouit l’instant d’après. »

« Je ne suis pas certain qu’on tente vraiment de comprendre les autres – faisons-nous réellement tous les efforts nécessaires ? N’essayons-nous pas, au contraire, constamment, notre vie toute entière, d’amener les gens à envisager le monde de la manière dont nous l’envisageons ? N’est-ce pas là un de nos plus grands maux ? »

« Celui qui lit tellement de poésie qu’il vient à imaginer qu’il peut nager jusqu’à la lune doit pouvoir vivre plus longtemps, le monde ne saurait se passer de ce genre de personnes. »

« La vie naît par les mots et la mort habite le silence. C’est pourquoi il nous faut continuer d’écrire, de conter, de marmonner des vers de poésie et des jurons, ainsi nous maintiendrons la faucheuse à distance, quelques instants. »

« Quel mal y a-t-il, évidemment aucun, nous devrions tous de temps en temps sortir en courant de chez nous et crier à tue-tête pour glorifier la vie, à moins que l’existence ne coule de source et ne relève à ce point de l’évidence ? Combien de fois sommes-nous sortis pour célébrer la vie, cet animal éreinté, cette fleur battue par les vents, cette note puissante et profonde ? »


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 4 -



Gudbergur BERGSSON
Deuil
Métailié
128  pages
15  euros

01-05-2013

 

    « Cette histoire est dédiée à la génération de l’éternelle jeunesse » : l’homme arrive au bout du chemin, l’issue est proche. L’homme est en effet très âgé, vit seul depuis longtemps, et revient avec un œil acéré sur sa longue marche vers le deuil et la mort, deuil d’une vie, de la vie, de ses proches. L’analyse est lucide, franche, réaliste, sans concession mais l’œil reste pétillant et le sourire du clown triste ; une distance voire une certaine autodérision introduisent une légèreté heureuse et salvatrice. Tout au long de cette analyse de la vie, de la vieillesse et la mort, la bouilloire chuinte, occupe l’esprit et marque l’attente. La vie se rétrécit et les souvenirs jaillissent de partout et nulle part. Un témoignage unique d’une certaine philosophie de vie, expérience aussi unique qu’universelle.

« … en chaque être humain sommeille le désir d’être irresponsable et de se livrer à tout ce qui lui vient à l’esprit, sous l’étendard victorieux de la maladie : nous sommes tous de pauvres types. »

« En vieillissant, on jaunit de l’intérieur tandis qu’on devient gris à l’extérieur. Tout cela est la faute aux reins et au foie, et sûrement pas aux sucreries. »

« Il n’existe rien de plus injuste que cette brutalité, cette violence qu’est le vieillissement. Personne ne vieillit de la même manière et il n’y a pas deux êtres qui le fassent selon les mêmes règles. Cette inégalité tient à la nature aussi diverse que semblable de l’être humain dans tous les domaines. Elle est l’unique loi de la vie. »

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 3 -



Jon Kalman STEFANSSON
Entre ciel et terre
Gallimard
255  pages
6.95  euros

29-04-2013

 

    La vie des pêcheurs islandais est âpre, le froid, la neige et les tempêtes, la mer et sa violence, la fragilité des embarcations… mais chacun part et repart même s’il sait qu’il peut s’agir du dernier voyage. Chaque marin sait ce qu’il doit faire et à quel moment. Malgré tout, leurs esprits voguent, s’occupent. Parmi eux, Baldur et le gamin ont une passion commune, la lecture et les mots et ils se font une joie de la partager sur mer. Mais le jour du départ, Baldur s’aperçoit qu’il a oublié le livre de poésie qu’il est en train de lire et repart le chercher. Il en oublie sa vareuse, erreur fatale, la mer et le froid ne pardonnent pas d’approximation. Au retour, le gamin que cette disparition a bouleversé et ébranlé, rapporte ce livre assassin à son propriétaire, autre amoureux des livres et de la lecture, sans avoir encore décidé s’il allait continuer le chemin de sa vie. Premier opus de sa trilogie, JK Stefansson prouve immédiatement son sens du détail, son art de la description, son amour des mots et de la langue, il se dégage une grande puissance de ses textes. Le lecteur est immédiatement happé et immergé dans le récit, la vie, la mort, la douleur, la souffrance mais aussi le rêve, les espoirs, les petits instants de bonheur. Entre Ciel et terre, quoi d’autres que la vie et la littérature ?

« Les hommes n’ont nul besoin de mots, ici, en pleine mer. La morue se fiche des mots, même des adjectifs comme sublime. La morue ne s’intéresse à aucun mot, pourtant elle nage dans les océans, presque inchangée, depuis cent vingt millions d’années. Cela nous apprend-il quelque chose sur le langage ? Eh bien, nous pouvons peut-être nous passer des mots pour survivre, mais nous en avons besoin pour vivre. »

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 2 -



Jon Kalman STEFANSSON
La tristesse des anges
Gallimard
380  pages
21.5  euros

10-08-2011

 

    Jens le Postier arrivé fraîchement (dans les deux sens du terme !) au village accepte de remplacer l’un de ses collègues et d'assurer une nouvelle tournée vers les derniers et dangereux fjords du Nord. Le gamin est désigné pour l’accompagner. Ces deux êtres totalement opposés se voient unis dans ce raid ultime face à la puissance destructrice de la nature : l’âge, l'expérience, le physique, la parole, les centres d’intérêt, tout les sépare. L’un se réfugie dans la solitude de l’effort pour s’oublier, l’autre rêve à ses lectures poétiques, à ses amours prochains et à sa vie future (« Leurs yeux se croisent, mais ils ne se disent rien, il est vrai que les mots peuvent être tellement vacillants, tellement fragiles, il existe un tel abîme entre eux et les choses qui s’agitent au fond de vous, et cette distance est souvent source de regrettables malentendus, il arrive même qu’elle détruise des vies. »). Pourtant cet effort et cette aventure tissent pas à pas, flocon après flocon, des liens forts, Jens a promis de ramener le gamin indemne mais c’est pourtant lui le premier qui sauve Jens d’une mort certaine dans les eaux glacés. Chaque pas est un combat, la recherche de l’itinéraire souvent hasardeuse. Mais leur arrivée généralement inattendue dans les fermes isolées est toujours un instant de joie. Les nouvelles défraîchies qui se fanent à chaque pas pourtant victorieux du combat contre le froid et la neige sont accueillies avec bonheur, de quoi oublier pendant quelques instants le quotidien si âpre. Le récit oscille entre les réflexions et introspections inhérentes à la solitude et à l’effort produit par les deux compagnons et la description de leur combat permanent contre le froid, le vent et la neige. La chaleur de leur relation ne fait que peu de poids face aux aléas climatiques subis. A lire au coin du feu !!!

Sélection Prix Page des Libraires 2011

« L’homme meurt si on le prive de pain, mais il dépérit et se fane en l’absence de rêves. »

« Nous mourons si nous n’écoutons pas ce qu’enseigne l’expérience, mais nous moisissons si nous y prêtons trop d’attention. »

« Peut-être n’est-ce pas Dieu qui a créé le pêché, mais plutôt l’inverse. »

« Les seuls fantômes que j’ai rencontrés, ce sont les vivants. »

« Les deux hommes se taisent, le gamin par timidité, Jens parce qu’il préfère le silence à bien des choses, le silence est un refuge, il vous procure la paix. »


Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Eric Boury

 


- 1 -



Arni THORARINSSON
Le septième fils
Métailié
351  pages
21  euros

20-09-2010

 

    Lorsqu’Einar, journaliste au Journal du Soir, est envoyé au fin fond de l’ouest de l’Islande, il s’attend au grand calme ! Il ne se passe rien à Isafjördur, ville emblématique de la crise de la région. Il doit pourtant traquer le scoop. Dès son arrivée, Einar apprend que des incendies suspects se produisent régulièrement, le dernier a lieu le soir où une grande fête regroupe le gotha de la ville, une ex-star du football accompagnée de sa cour et une petite starlette de la pop et ses groupies. Profanation d’une tombe, vol d’un camping-car, soupçons de trafic de drogue provoquent l’installation de ce journaliste solitaire chez un flic grognon mis à l’écart par sa hiérarchie. Einar a la capacité d’interroger, de faire parler les témoins et fait progresser l’enquête en parallèle de celle menée par une commissaire séduisante. Lorsqu’on retrouve le camping-car avec deux corps carbonisés à l’intérieur et qu’un député originaire d’Isafjördur qui n’en garde pas que des bons souvenirs meurt à Reykjavic les cervicales brisées, l’enquête devient brûlante… Le scoop est là ! Un polar prétexte à dresser un portrait réaliste de l’Islande contemporaine « légèrement » plus noire que la vision habituelle….

Article paru dans la revue "Page des Libraires"


Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller
Traduction : Eric Boury

 


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