'Forcer l’oubli ne guérit pas des blessures.'   Fabienne Swiatly

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Catherine Mavrikakis - L'annexe








Catherine MAVRIKAKIS
L'annexe
Sabine Wespieser
240  pages
20  euros

08-04-2020

 

    Anna, 48 ans, espionne aux ordres d’une organisation secrète, l’Agathos, vient d’achever sa dernière mission. Dans l'échec, deux morts, des documents perdus, d’autres agents mis en danger... Alors l’Agathos a décidé de la retirer du monde en la protégeant. Peut-être. Elle se retrouve dans l’Annexe avec d’autres collègues inconnus dans un lieu inconnu même si elle pense être à Montréal. Ironie du sort, elle est obsédée par Anne Frank et passait régulièrement des heures dans son Annexe devenue musée à Amsterdam. Alors évidemment les situations n’ont rien à voir, mais le huis clos et le confinement se ressemblent. Comme elle, d’une trahison la mort peut surgir à chaque instant. Et très rapidement, elle se doute de qui sera son bourreau : Celestino, un espèce de majordome qui les a accueilli et gère leur quotidien. Et ce Cubain homo parle, parle beaucoup, parle encore, l’envoûte, l’ensorcelle tel Kaa le serpent hypnotiseur, et notamment grâce à la littérature : « Je déteste les espions incultes », avec Anne, il va être servi et en jouer, il a trouvé son point faible et elle en connaît le danger. Amoureuse de la littérature, elle retrouve le plaisir de lire, de découvrir dans la lecture des amis, des questionnements, des réponses, des rêves… Peut-on en vouloir à son bourreau s’il vous réveille à la littérature (« Je ne craignais même plus la mort grâce à toi, à toi et la littérature. ») ? Elle situe son environnement et ses collègues dans la littérature, elle leur trouve une incarnation, un couple devient les Tourgueniev, le chat devient Moortje, celui d’Anne… Celestino assure ne rien savoir d’elle, il la prénomme Albertine mais il la met en garde aussi « Il faut se méfier de tout le monde. ». Et puis les espions meurent les uns après les autres, Albertine sait que son tour viendra, elle l'accepte, accepte la mort, elle qui l'a tant donnée. Mais avec la littérature tout reste possible, jusqu’au dernier mot. Un roman d’espionnage tendu, érudit mais pas précieux qui rend un hommage singulier à Anne Frank, à la lecture, à la littérature et à ses artisans. Brillantissime !

« Les chimères des écrivains, comme le pire des cauchemars, restent moins éprouvantes que les manifestations détraquées de nos civilisations. »

« L’humain est capable à la fois du meilleur et du pire et, quand les deux s’entremêlent, quelque chose d’extrêmement jubilatoire vient réjouir les pervers que nous sommes. »

« Nos vies sont enfermées dans de petites habitudes idiotes qui nous donnent une personnalité. Ces habitudes ridicules construisent une charpente sur laquelle s’appuient nos faibles raisons de vivre. »


Ecouter la lecture de la première page de "L'annexe"   

Thème(s) : Littérature étrangère

 


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