'Au bout du compte, l’homme, aussi intelligent soit-il, se résume à une tête, un cou, deux bras, deux jambes, un dos, un ventre. '   Isabelle Kauffmann

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



12935115

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Les Escales




- 8 -



Dorit RABINYAN
Sous la même étoile
Les Escales
390  pages
21.9  euros

15-08-2017

 

    « Sous la même étoile » se déroule à New-York, enfin, pas tout à fait… C’est en effet le lieu où Liat et Hilmi, deux trentenaires, vont se rencontrer et s’aimer. Liat est une Israélienne de Tel Aviv tandis que Hilmi est un Palestinien de Ramallah. Ils sont en terrain neutre et tentent d’oublier que cette rencontre ne pourra être qu’éphémère, « une aventure, une île perdue dans le temps ». Liat ne restera que 6 mois à un an alors que Hilmi, artiste peintre amoureux du bleu, est là depuis déjà plusieurs années. Il est le cœur, le rêve, elle est la raison. Ils ont évidemment des idées précises et bien arrêtées sur leurs deux pays, sur leurs futurs. Mais leurs pays leur manquent comme leurs familles et même éloignés, leurs sentiments et comportements en sont encore puissamment influencés. Leur rencontre montre qu’ils sont tous les deux des Moyen-Orientaux donc pas si différents l’un de l’autre, ils aiment leur pays d’où ils contemplent les mêmes étoiles, la même végétation, les mêmes arbres, le soleil… mais malgré tout, ils peinent à échapper aux stéréotypes, aux visions caricaturales l’un de l’autre. Hilmi reste serein, calme et Liat semble toujours ressentir une forme d’agression et en proie à l’énervement. Sans l’avouer ouvertement, il met en évidence chez elle des blocages (« Nous sommes désormais inséparables de vous »), une angoisse de l’autre, une peur de son amour pour Hilmi qui la perturbent intimement. Ils choisiront tous les deux de rentrer, chacun dans leur pays, et se retrouveront aussi proches qu’éloignés. Sur un sujet toujours aussi brûlant, Dorit Rabinyan faisant preuve de finesse et de subtilité le traite avec humanité et équilibre, la haine n’a pas voix au chapitre, et l’amour, la compréhension et l’acceptation de l’autre restent la seule issue dans ce long et épineux chemin vers la paix.

Ecouter la lecture de la première page de "Sous la même étoile"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Laurent Cohen

 


- 7 -



Carine FERNANDEZ
Mille ans après la guerre
Les Escales
235  pages
17.9  euros

09-08-2017

 

    Miguel est un vieux solitaire, à part son chien Ramon, il ne passe guère de temps avec autrui. Alors quand il reçoit une lettre de sa sœur lui annonçant qu’après la mort de son époux, elle a décidé de venir s’installer chez lui, c’en est trop ! Cette fois-ci, il ose, il refuse, il dit non, fuit le danger et préfère s’en aller avec Ramon son fidèle compagnon. Il repart à la source, prend un autobus pour retourner vers Montepalomas son village d’enfance, lieu qu’il n’a plus revu depuis la guerre civile. Tout a changé, les murs comme les âmes. Un barrage et son lac ont remplacé les vieilles pierres mais les souvenirs ne sont pas noyés et remontent à la surface. Il retrouve certains anciens et avec, les vieilles rancœurs, les vieux souvenirs, les vieilles haines… la guerre est finie depuis longtemps mais l’histoire n’est pas encore achevée. Miguel voyage entre passé et présent et les souvenirs sont éprouvants. Son frère assassiné par les Franquistes revient le hanter avec insistance, la guerre qu’il a subie, les délations, la torture, les humiliations, les manipulations de l'histoire, il ne peut avoir oublié et ce retour fait resurgir ces cauchemars. Ce voyage était néanmoins nécessaire pour constater que le passé était bien révolu, que son monde n’existait plus, une page avait été tournée et la vie continuait. A travers le portrait d’un homme simple, d’un homme du peuple, modeste qui s’est trouvé comme beaucoup sur le chemin de l’Histoire, l’a payé cher et jamais ne l’oubliera, Carine Fernandez revient brillamment sur cet épisode tragique de la guerre civile espagnole mais la place à hauteur d’homme et nous permet ainsi de suivre avec émotion le dernier voyage de ce vieil homme libre et indépendant afin qu’il constate que « .. c’est fini, son époque est morte avec ses idéaux, avec ses braves et ses démons. ».

Ecouter la lecture de la première page de "Mille ans après la guerre"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 6 -



Jérôme CHANTREAU
Avant que naisse la forêt
Les Escales
220  pages
17.9  euros

30-09-2016

 

    La mère d’Albert vient de mourir. Albert rejoint alors avec l’urne funéraire la maison familiale de Mayenne dont ses parents avaient hérité au cœur d’une large forêt. Une affaire de quelques jours, une fois la chanson pour la cérémonie funèbre choisie. Pourtant, Albert retrouve immédiatement les odeurs et les lumières d’antan, les bruits… Finalement, tout le monde repart et Albert se retrouve seul, avec sa mémoire, l’héritage familiale (la forêt est-elle le lieu idéal pour retrouver ses racines ?) et la légende qui l’accompagne, un ermite habiterait les bois. Albert se noie dans ses souvenirs à la recherche de sa mère et dans la forêt, une forêt qui l’appelle et qui peut être aussi bien douce et protectrice que violente et dangereuse, aussi bien fraîche qu’oppressante et avec le risque permanent de s’y perdre. Dans une forêt, la vie s’expose, les naissances et les morts se côtoient à tout instant. Pour les amoureux des contes, des arbres et des forêts qui n’ont pas peur des héritages, « Ce n’est même pas l’amour de la nature. C’est un truc morbide à nous. On est programmé dans cette maison. ». Un premier roman envoûtant illuminé par une écriture souvent poétique.

Premier roman


Ecouter la lecture de la première page de "Avant que naisse la forêt"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Rabih ALAMEDDINE
Les vies de papier
Les Escales
340  pages
20.9  euros

05-09-2016

 

    L’héroïne Aaliya Saleh est une vieille Libanaise (« J’ai atteint l’âge où la vie est devenue une série de défaites acceptées. ») qui habite Beyrouth, ville belle et désespérée, qui continue de vivre malgré les tragédies qui s’y déroulent depuis si longtemps, « l’Elizabeth Taylor des villes : démente, magnifique, vulgaire, croulante, vieillissante et toujours chargée de drames. Elle épousera n’importe quel prétendant énamouré lui promettant une vie plus confortable, aussi mal choisi soit-il ». Elle, comme ses habitants, résiste, plie, mais ne rompt pas, et vole quelques instants d’apaisement. Aaliya Saleh, dans sa solitude qu’elle apprécie, en fait de même dans son appartement, son petit cocon protecteur. Elle a été libraire pendant cinquante ans mais a surtout passé sa vie sans que quiconque ne s’en doute, à traduire les auteurs étrangers qu’elle adore et ils sont nombreux ! « Les vies de papier » parcourt sa vie personnelle gouvernée par son caractère entier, ses passions absolues pour la littérature et la musique, « Je me suis glissée dans l’art pour échapper à la vie. Je me suis enfuie en littérature. », sa solitude malgré son mari, « l’insecte impuissant », et sa rencontre avec ses voisines, ces « trois sorcières », qui l’aideront à prendre du recul et gagner en sérénité. Roman dense et riche sans être pédant qui constitue un remarquable et magnifique hommage aux livres, à la littérature et à Beyrouth accompagné d’un portrait attachant d’une vieille femme libanaise libre et de caractère.

« Nulle nostalgie n’est vécue avec autant d’intensité que la nostalgie de ce qui n’a pas eu lieu. »

« Quiconque prétend que le stylo est plus fort que l’épée ne s’est jamais retrouvé nez à nez avec un pistolet. »

« Essayer de connaître un autre être humain me semble aussi impossible, et aussi ridicule, qu’essayer d’attraper l’ombre d’une hirondelle. »


Ecouter la lecture de la première page de "Les vies de papier"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Nicolas Richard

 


- 4 -



Diane PEYLIN
Même les pêcheurs ont le mal de mer
Les Escales
218  pages
17.9  euros

14-07-2016

 

    Diane Peylin avec « Même les pêcheurs ont le mal de mer » nous plonge dans une saga familiale sous l’angle des hommes de la famille Oroczo. Trois générations d’hommes et une malédiction frappant leurs femmes. Valente, le père, Rafa, le grand-père, et Salvi le fils, « un Oroczo d’occasion ». Les trois nous donnent leur vision, leur quête, leurs relations aux autres, aux femmes, à la mer et au vent, à la pêche. Une famille rude à la tâche et rude aux sentiments (« … chez les Oroczo, câliner c’est aussi écraser. »). Ils avouent leurs sentiments comme leurs ressentiments, leurs désirs, les non-dits et mensonges, leur rancœur, les colères et regrets… Au cœur de ce triple récit s’impose la figure du père, celle qu’ils chercheront tous les trois, souvent en vain et le secret qui sans signe apparent s’immisce et innocule son poison innocemment...

« Mon père ne m’a jamais donné de coup, pourtant, plus d’une fois il m’a mis à terre. »


Ecouter la lecture de la première page de "Même les pêcheurs ont le mal de mer"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Diane Peylin lus par Vaux Livres

 


- 3 -



Derek B. MILLER
Dans la peau de Sheldon Horowitz
Les Escales
380  pages
22.5  euros

04-06-2013

 

    Sheldon Horowitz, vieux Juif ronchon de 82 ans ("Ca signifie... il est juif, ce n'est pas un barjo banal."), ancien marine, a quitté les Etats-Unis pour vivre en Norvège aux côtés de sa petite-fille Rhéa et de son compagnon. Pourtant ses morts et sa culpabilité l’ont accompagné dans ce dernier périple, les morts qu’il n’a pas su éviter, les morts qui l’ont quitté, la mort qu’il a donnée ou provoquée ("J'ai tué mon fils, Bill. Il est mort parce qu'il m'aimait"), les guerres… Il s’installe dans un pays étrange, qu’il ne connaît pas et lorsque sa voisine se fait violenter par son compagnon, il ouvre sa porte et l’accueille accompagnée de son fils. Il assiste avec ce petit garçon à son assassinat, encore un mort… Mais il décide immédiatement de protéger ce petit, qui ne lui parle pas, qui ne sourit pas. Une cavale folle suivie par ses morts, toujours présents, qu’il interpelle et questionne, pleine de rebondissements, de dangers comme de moments loufoques ou de tendresse bourrue, mais sa volonté, cette fois, est indéfectible, il ne quittera pas le gamin. Avec comme toile de fond la Norvège contemporaine, le récit oscille entre passé et présent, entre rêve et réalité et offre les différents points de vue des divers personnages gravitant autour de Sheldon. Encore un vieux bourru particulièrement attachant !

"Quel idiot j'ai été de m'être cru capable de faire quelque chose. De m'être cru capable de prouver que j'étais plus fort que mon destin. C'est ce qui a tué mon fils. J'ai feint d'être un homme d'action, mais je ne suis qu'un rêveur."


Ecouter la lecture de la première page de "Dans la peau de Sheldon Horowitz"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Sylvie Schneiter

 


- 2 -



Juan Jacinto MUNOZ RENGEL
Le tueur hypochondriaque
Les Escales
235  pages
21.5  euros

08-03-2013

 

    Monsieur Y. est un tueur à gages, très consciencieux, depuis un an et deux mois, il suit Eduardo Blaisten sa prochaine cible. Monsieur Y. est entravé dans son travail par sa malchance mais surtout par une maladie, ou plutôt par des maladies. Hypochondriaque extrême qui reconnaît sa « relation complexe avec les médecins… 9000 fois plus dangereux qu’une arme à feu », il est atteint d’une multitude de maladies souvent imaginaires mais toujours inquiétantes et observant les nouveaux symptômes, il s’attend au pire chaque soir ! Pourtant Monsieur Y. ne s’en laisse pas conter, c’est « un homme de devoir kantien », et tout en accomplissant sa tâche avec application, sa culture lui permet d’évoquer tous les grands malades et hypocondriaques de la littérature, et le choix est immense, Proust, Molière, Poe, Voltaire, Tolstoï… Dans cette traque de la vie et de la mort, un premier roman qui oscille entre le noir et l’absurde et surtout toujours réjouissant.

Premier roman


Ecouter la lecture de la première page de "Le tueur hypochondriaque"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère Polar/Thriller
Traduction : Catalina Salazar

 


- 1 -



Ismet PRCIC
California Dream
Les Escales
425  pages
22.5  euros

23-01-2013

 

    Ismet s’est installé aux Etats-Unis, en Californie. Mais il demeure encore en Bosnie ("Une face (A)méricaine et une face (B)osniaque."), pour toujours et n’oublie pas la guerre ("Je compris que celui qui allait se lever pour monter dans l'avion à destination de Los angeles serait un homme en route pour son avenir, tandis qu'un certain Ismet de dix-huit ans resterait dans une ville assiégée, prisonnier d'une guerre sans fin."). Son récit tant dans sa forme que dans son contenu le démontre. Cet exil ("...les régimes se succèdent, aucun ne dure, mais tous poussent à la fuite.") restera douloureux, mais il saura nous le livrer avec humour et fougue. Il revient sur sa rencontre à Zagreb avec Asmir, ce fou, qui lui ouvre un peu involontairement les portes du théâtre et d’une autre vie, loin des cigarettes de sa mère mais surtout lui donne les clés pour rejoindre la Californie. Un texte rythmé à la structure inventive sur la guerre, l'exil mais aussi dans ce cadre, le long chemin d'un jeune vers le monde adulte.

Ecouter la lecture de la première page de "California Dream"    Get Adobe Flash player

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Karine Reignier-Guerre

 


Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture





- Rabinyan - Fernandez - Chantreau - Alameddine - Peylin - Miller - Munoz Rengel - Prcic