'...la douleur éprouvée par un sans-abri excède même ce qu’il peut en dire, qu’il ait ou non de l’éducation ou un diplôme. Elle est plus profonde, plus sourde, plus sombre que ces mots morts-nés dont nous disposons pour communiquer chaque jour et peut-être aussi que tous les vocables dont nous nous servons pour écrire… Nous ne croyons plus aux lettres : elles n’ont pas su protéger de la chute ceux qui les maîtrisaient.'   Rhéa Galanaki

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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Quidam




- 9 -



Erwan LARHER
Le livre que je ne voulais pas écrire
Quidam
260  pages
20  euros

06-08-2017

 

    Erwan Lahrer le clame d’emblée, voilà le livre qu’il n’aurait jamais pensé écrire ! Erwan Lahrer écoute du rock depuis son adolescence, et sa passion n’a pas faibli, il continue même de porter ces fameuses santiags ! Alors il faisait en effet parti des fans impatients de voir et d’écouter Eagles of Death Metal au Bataclan le 13 novembre 2015. Etonnamment il était seul pour ce concert, il arriva avec ses santiags mais sans son portable pendant la première partie, trouva tranquillement une place pour la suite, observa ceux avec qui il allait partager ces instants lumineux et puis il dut se coucher, s’allonger, fermer les yeux et écouter, l’enfer s’invita dans la salle sous la forme de trois jeunes armés de kalachnikov. Erwan fut blessé, une balle dans les fesses, souffrit, douta souvent, pleura parfois, rencontra un personnel médical attentionné, professionnel et efficace, ressassa évidemment ses instants tragiques et rapidement se posa la question de l’écriture. Ses proches l’incitaient, il restait rétif, car « Tu ne sais pas relater. Relater t’ennuie. Relater t’enferme. » mais « L’époque exige l’autofiction. Traque l’individu entre les lignes de l’auteur. D’après une histoire vraie valorise. Les temps sont au voyeurisme. Or, si un roman n’est pas plus grand que la vie, à quoi bon ? » L’auteur et l’homme étaient aux premières loges, ils ont tous les deux un trou dans les fesses et « ne bandent plus ». Alors que dire ? que conter ? Comment le dire ? sous quelle forme ? L’écrivain s’interroge, l’homme aussi. Ils prennent l’avis de leurs amis, n’ont-ils pas aussi leur mot à dire sur cette soirée ? Qu’ont-ils pensé, ressenti quand ils ont appris la présence d’Erwan au Bataclan, quand ils sont restés de longues heures sans nouvelles, quand ils ont appris ses blessures ? Cette soirée est une expérience individuelle autant que collective, alors il va le faire, ou plutôt, ils vont le faire, nous narrer cette soirée, comme celles qui l’ont précédée et celles qui la suivront. Un récit émouvant, sincère, bouleversant, modeste, non dénué d’humour et d’espoir, et qui nous interroge ; une construction originale et brillante, un rythme soutenu, Erwan Lahrer réussit le tour de force de susciter espoir en relatant ces évènements d’une noirceur absolue, un grand roman bien loin des témoignages basiques et des poncifs habituels qui accompagnent parfois la narration de ces tragédies.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 8 -



Christos IKONOMOU
Le salut viendra de la mer
Quidam
190  pages
20  euros

26-05-2017

 

    La Grèce s’épuise face à une crise étouffante qui n’en finit pas. Certains choisissent de partir, de trouver un ailleurs, de prendre la mer. L’espoir les anime encore quand ils font le premier pas sur une île de l’Egée, prêts à fonder une nouvelle société, de nouvelles coutumes. Mais l’île est déjà occupée et les habitants de souche ne les voient pas arriver d’un œil bienveillant. La langue ne suffit pas pour les réunir, pacifier, on est toujours l’étranger de l’autre et même dans le berceau de la civilisation, la violence n’a pas disparu, la haine et la peur, mais « laquelle des deux engendre l’autre », annihilent tout espoir de société fraternelle et apaisée. Alors quoi faire de plus que de supporter et enchaîner les évènements plus ou moins désagréables et violents, petits bonheurs et grands malheurs, illusions et désillusions, le salut ne viendra hélas pas de l’homme… Un conte philosophique (sous forme de nouvelles) perturbant qui crie, qui hurle, qui bouscule, qui assène et contraint chaque lecteur à se regarder dans le miroir…

« Les hommes ont découvert les contes et les ont remplis de monstres pour ne pas devenir eux-mêmes des monstres. Car la vérité peut faire de toi un monstre. Tu dois devenir un monstre pour supporter la vérité. »

« Tu regardais le bleu du ciel et il te venait des larmes d’être né avec des bras au lieu des ailes. »

« Le début est toujours devant. »


Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Michel Volkovitch

 


- 7 -



Yannis TSIRBAS
Victoria n'existe pas
Quidam
66  pages
10  euros

18-08-2015

 

    Nous sommes en Grèce, mais cela pourrait se dérouler dans n’importe quel autre pays européen. C’est à Athènes, mais cela pourrait se dérouler dans n’importe quelle autre grande ville européenne. Nos sociétés sont en crise, uniformément, se scindent en différents mondes chacun feignant d’ignorer l’autre. Deux hommes se rencontrent dans un train en direction d’Athènes. L’un d’eux est bien décidé à parler et l’autre sera contraint à écouter cette logorrhée. L’homme décrit sa réalité, son quotidien, son ressentiment face à ce monde d’aujourd’hui qu’il ne reconnaît plus, envahi par les « autres » (« Je sais pas quand c’est arrivé, mais c’est comme si un soir je m’étais endormi sans eux, et je m’étais réveillé le lendemain au milieu de ce bordel. »), c’était tellement mieux avant. Il a même réfléchi à une terrifiante solution radicale (« Ils vont repartir comme ils sont venus. Sans que tu t’en rendes compte. »). Celui qui écoute est dans un autre monde, semble ailleurs, il y a une incompréhension totale entre eux, il regarde les réactions des autres, reste hermétique en continuant de refuser cette réalité, et mettra du temps avant d’être vraiment dérangé par ces avis inquiétants induisant une prise de conscience face à ce discours haineux et extrémiste. Un court brûlot percutant, véritable coup de poing qui frappe là où ça fait mal, cri désespéré avant qu’il ne soit trop tard et auquel il faut absolument porter attention.

Premier roman


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 6 -



Miguel DUPLAN
Un long silence de carnaval
Quidam
91  pages
12  euros

31-07-2010

 

    Jean-Baptiste Simonin est un petit flic à Cayenne, petit flic marié, père de plusieurs enfants mais en perdition. On le ressent immédiatement en marge, détaché de tout, observateur mais pas acteur, il se laisse flotter dans la chaude ambiance de la ville. Rien ne le retient et pourtant sa vision poétique est éclairante. Son long monologue ne peut être interrompu que par la folie poétique d'un poète toxico... Une écriture très singulière pour un roman atypique à découvrir.

"Quand nos anges sauront chanter, après les pleurs et les douleurs des vieillards et des impotents, on entendra monter le chant qui sèchera toutes tes larmes ô mon beau pays sans écho... On entendra monter le chant des enfants qui auront seize ans à la prochaine pleine lune. Même si je dors sous la terre, leur chanson saura me rejoindre et je dirai dans un poème que j'écrirai avec mes os sur le boulevard des amoureux : mon beau pays... pas mort... pas mort..."

Thème(s) : Littérature française

 


- 5 -



Jérôme LAFARGUE
Dans les ombres sylvestres
Quidam
186  pages
16  euros

24-08-2009

 

    Le petit village de Cluquet voit un jour s’installer dans le bois jouxtant un homme différent se faisant appeler Elébotham. Il est immédiatement craint pour ses dons, ses silences, ses révoltes, son isolement alors que lui-même ne craint personne... Seule Mado s’en amourache et sans le comprendre totalement est prête à le suivre jusqu’au bout du monde. La guerre l’emportera comme tant d’autres. Pourtant c’est le premier de la lignée des Gueudespin et elle n’a pas fini sa route ! Le narrateur est Audric son arrière-petit fils et l’histoire de sa famille pèse sur ses larges épaules. Une famille constituée d’hommes aux destins extraordinaires et tragiques. Il tente un bref instant de rejoindre la vie des hommes mais revient rapidement dans la maison familiale plantée au sommet d’une dune face aux vagues dans lesquelles il s’oublie sur sa planche de surf à l’image de son père, surfeur atypique. Mais, est-t-il réellement possible d’oublier le destin et l’histoire d’une ascendance si prégnants et pesants. Le monde extérieur peu attirant ne peut que s’estomper devant les trajectoires des hommes du passé qu’Audric s’efforce de découvrir et de suivre.

Sélection Prix Page des Libraires 2009

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jérôme Lafargue lus par Vaux Livres

 


- 4 -



Nils TREDE
La vie pétrifiée
Quidam
134  pages
15  euros

27-07-2008

 

    Les habitants des îles sont réputés différents alors le narrateur, Xavier, 33 ans, est doublement différent. Il vit sur deux îles, deux îles d’une même ville reliées par un pont. Deux îles, deux métiers, deux existences (« J’ai deux vies. Je n’ai pas de vie. Que des morceaux, que des restes. Tout est déchiré. »). Sur l’une, il est restaurateur en accompagnant sa mère malade et sur l’autre, il est médecin de police. Seul le pont réalise le lien entre ses deux existences. Cet homme solitaire, entier, se sent différent et est ressenti différent par les autres. La solitude fait peur. Jusqu’au jour où rentre un couple dans son restaurant et il en est sûr, c’est elle, il l’attendait. S’il entre dans sa vie, il en certain, il entrera dans La Vie, mais cette mutation est-elle si aisée à vivre ? Emouvant portrait d’un homme dont l’existence frôle la folie et qui « se sent si proche de tout et pourtant indiciblement loin à la fois »

Premier roman

« Les solitaires ne sont pas seulement étranges. Ils ne font pas seulement peur. Dans leur solitude, ils s’aperçoivent de choses qui restent inconnues aux gens sociables. Ils ouvrent leur esprit aux énigmes avec patience et attention. Ils les observent longtemps. Ils ont beaucoup de temps, et peu à perdre. Les solitaires communiquent rarement leurs observations ; ils les portent en eux et ne craignent pas le jugement des autres. »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 3 -



Jérôme LAFARGUE
L'ami Butler
Quidam
177  pages
18  euros

21-08-2007

 

    Timon Lunoilis est écrivain, romancier. Il a connu le succès mais abandonne le roman après l'annonce de la maladie à l'issue fatale qui frappe sa femme. La fiction ne l'intéresse plus. Il se retire avec Ilanda dans une petite ville et pour tenter d'oublier son malheur, il écrit des biographies d'écrivains imaginaires jusqu'au jour où l'un d'eux se présente à lui ("Je lui donnais la vie, et il m'envoyait en retour la fiction"). Troublé et désemparé, Timon hésite : fruit de son imagination ou manipulation ? Son enquête entraînera sa disparition avec sa femme et son frère jumeau viendra démêler les fils de cette histoire entre fiction et réalité.
Jérôme Lafargue varie les modes de narration avec réussite, chaque biographie est une petite nouvelle à elle-seule, et nous emmène pour notre plus grand bonheur dans le domaine de l'imaginaire. L'un de ses personnages affirme que "la fiction, c'est le pays de la liberté", Jérôme Lafargue, libre comme l'air, a dû émigré dans ce pays !
Premier Roman

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jérôme Lafargue lus par Vaux Livres

 


- 2 -



Lionel BOURG
L'engendrement
Quidam
92  pages
10  euros

07-03-2007

 

    Quête autobiographique d’un auteur à la recherche de sa vraie naissance à la vie. Regard sans complaisance mais avec tendresse sur une enfance rude en pays minier avec l’impression d’une douleur sourde et d’une solitude qui persistent. Malgré cela, il ne peut s’empêcher de se retourner et de regarder cette éveil à la vie avec amour en nous le faisant revivre inclus dans le monde environnant et dans ses évènements quotidiens. La mère est omniprésente avec sa violence, mais aussi avec son amour de la littérature, ou plutôt d’une certaine littérature choisie qui lui permettra de partager avec son fils des émotions des coups de cœur et des coups de gueule, l’engendrement n’est-il pas là ? Sans nombrilisme aucun, un livre hommage franc et objectif à sa mère atteinte par la maladie d’Alzheimer.

« Chacun ignorait de quoi c’était fait, un enfant. »

« Ce devait être un sentiment plus qu’autre chose, une attente sans objet convenu ni raison, mais je le pressentais confusément à cet âge, il existait, ne pouvait qu’exister un monde par-delà l’étroitesse des ruelles et les ciels bourbeux amassés sur la ville. »

« Il faut peser ce que l’on porte. Le remords. Les regrets. Les joies exubérantes comme les remuements d’ombre qui parfois nous gouvernent. »

« Les pères, les mères, qui souvent s’avéraient maladroits, moins cruels que brutaux, ou veules, fatigués, ne se posaient pas tellement la question. Il y avait les gosses. Le travail. Une espèce de tendresse bourrue. Des cris. Des paires de claques. »



Thème(s) : Littérature française

 


- 1 -



Ron BUTLIN
Le son de ma voix
Quidam
136  pages
16  euros

30-12-2005

 

    Ron Butlin écrivain écossais contemporain nous fait rencontrer Morris Magellan cadre dirigeant d’une biscuiterie écossaise. La réussite : une femme qui l’aime, deux enfants ("les accusateurs"), une maison en banlieue chic. Pourtant Morris est un alcoolique chronique. Une vie gachée destinée à sa perte ineluctable. Malgré un entourage attentif, il se masque son état et les quelques tentatives pour s'échapper restent sans résultat. R. Butlin nous fait accompagner ce naufragé sans jamais porter un quelconque jugement, l'écriture est fluide, légère à l'opposé de l'état permanent de ce malade à la dérive. Prenant et obsédant...

Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Valérie Morlot

 


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