« Si l'autre n'existe pas, vous n'existez pas non plus. »
Louis Calaferte

Les comptes-rendus-avis de lecture de la librairie Vaux Livres

51355015

Vous appréciez nos comptes-rendus, vous souhaitez nous soutenir mais vous n'avez pas la chance d'habiter aux alentours de Vaux-le-Pénil, tout n'est pas perdu ! Vous pouvez commander l'ouvrage de votre choix sur le site LesLibraires et choisir Vaux Livres comme librairie indépendante. Nous nous ferons un plaisir de vous livrer au plus vite.

Nous comptons sur vous et nous avons besoin de vous.

Deville

Marc MEGANCK

Le jour où mon père n'a plus eu le dernier mot
Deville

280 pages | 06-06-2022 | 20€

William Braeke, archéologue, 42 ans, vit une rupture douloureuse qui l'a plongé dans l'alcool, sa jeune compagne l’ayant quitté. Alors, non seulement les questions existentialistes sur sa vie et sur le temps qui passe jaillissent mais des interrogations sur sa famille renaissent. Sa mère Claudine qui a toujours préféré le silence est morte il y a un an. Reste son père, Kasper, admirateur d’Hitler, collectionneur de casques et son frère, Didier, le préféré, celui qui est resté dans la ligne de la famille et l’a souvent violenté. Une famille étriquée, repliée sur elle-même, sans amour ni tendresse, se taire ou cracher son venin, débordante de haine et de mépris, qui déteste les gens heureux, ceux qui ont su, ont pu prendre en main leur destin, une atmosphère permanente de peur : « La peur s’inculque en contexte familial, comme le goût de la lecture ou la pratique d’un sport… Peur de se déplacer, peur d’agir, de poser des actes. Peur viscérale de changer de point de vue. Peur de changer de condition. Egalement la peur de l’autre, de celui qui est différent. » William marqué par cette enfance a toujours été convaincu que Kasper n’était pas son père, il est peut-être temps de lever les doutes, alors il réussit à convaincre son père de partir sur l’ancienne route des pêcheurs d’Islande, sur les traces du roman de Pierre Loti que la maîtresse de son père lui avait offert. Se rapprocher peut-être, lever le voile. Le voyage suit un itinéraire apaisant pour des questions et un face à face douloureux, prolongement des blessures indélébiles de l’enfance, une quête de vérité qui aimante avec réussite le lecteur.

Ecouter la lecture de la première page de Le jour où mon père n'a plus eu le dernier mot

Thème(s) : Littérature étrangère


Verena HANF

La fragilité des funambules
Deville

290 pages | 06-06-2021 | 23€

L’équilibre d’une vie est parfois ébranlé par les mauvaises rencontres ou les préjugés et les personnages de « La fragilité des funambules » tentent tous avec plus ou moins de réussite d’avancer sur le fil de leur vie. Il y a tout d’abord Adriana, une jeune Roumaine qui a quitté traumatisée la Roumanie en laissant son fils Cosmin à ses parents qui s’en occupent avec beaucoup d’amour et d’attention. Elle s’est installée à Bruxelles et s’est éloignée de son passé en devenant nounou de Mathilde, petite fille d’une famille bourgeoise d’expatriés allemands : Nina, la mère, est psy et Stefan, le mari, souvent absent, a le portefeuille bien garni. Adriana a rencontré Gaston avec qui elle partage ses week-ends. Chacun tente de trouver son équilibre, Adriana avec son passé, Nina avec l’alcool et l'insatisfaction de son existence, Stefan enfermé dans sa rigidité, Mathilde qui tente d’attirer l’attention par ses caprices à répétition, seul Gaston semble mieux maîtriser les évènements et capable de réagir rapidement face aux évènements. Adriana garde constamment en elle une colère qui la rend dure avec les autres comme avec elle-même. C’est dans cet univers qu’arrive Cosmin contraint de quitter ses grands-parents. Il se fait une fête de découvrir Bruxelles et ses Diables Rouges, de retrouver sa mère à qui il rappelle un passé douloureux. Mais quand un évènement singulier se produit, les préjugés ont la peau dure… et l’équilibre va vite devenir instable pour chacun des personnages et leur vie tanguer dangereusement. Verena Hanf donne la parole à chaque personnage et nous permet de faire connaissance avec chacun d'eux, d'installer puis de creuser notre relation. Elle réussit grâce à sa finesse, sa justesse et son humanité, à nous faire rentrer dans leur univers, espérer continuer le chemin avec eux et entrevoir un destin positif et serein pour chacun de ses personnages. Un nouvel opus qui vient brillamment compléter les deux précédents.

« La haine est un moteur puissant. On la sous-estime, pourtant elle a ses qualités. Une bonne haine ciblée tient éveillé et alerte, elle aiguise les sens, protège, avertit, vivifie. »

Ecouter la lecture de la première page de La fragilité des funambules

Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Verena Hanf lus par Vaux Livres





- Meganck - Hanf