'L’homme meurt si on le prive de pain, mais il dépérit et se fane en l’absence de rêves.'   Jon Kalman Stefansson

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
 

 
 



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L'Olivier




- 35 -



Christian OSTER
La vie automatique
L'Olivier
140  pages
16.5  euros

10-02-2017

 

    Jean, acteur sexagénaire habitué aux troisièmes rôles de séries, meurt d’envie de partir, de changer de vie. Alors quand il oublie une casserole sur le feu qui finalement embrase sa maison, Jean, pour une fois, ne gâche pas l’opportunité, il laisse le feu prendre, fait sa valise et s’éloigne discrètement sans se retourner. Il ne lui reste plus qu’à se laisser aller, disparaître, enfin presque… puisque sur le chemin, il fera néanmoins quelques rencontres, les hasards de la vie, une actrice et son fils adulte qui sort d’un hôpital psychiatrique. Il ne vit pas plus sa vie, c’est elle qui dirige, tranquillement, sa sortie du monde. Lui, l’acteur, se réfugie dans la fiction, mais sa vie ne serait-elle pas aussi une fiction ? On retrouve la petite musique qui accompagne chaque texte de Christian Oster, lancinante, entre humour et désenchantement, douceur et noirceur et qui nous entraîne en rythme sur les pas de cette dérive.

"... je ne craignais pas grand-chose de grand monde, en vérité, mon pire ennemi c'était plutôt moi et, pour ce qui était de m'affronter, je connaissais mes failles et j'avais l'avantage."


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Christian Oster lus par Vaux Livres

 


- 34 -



Jean-Paul DUBOIS
La succession
L'Olivier
235  pages
19  euros

05-09-2016

 

    Paul Katrakilis a fait des études de médecine, comme son père, mais n’a jamais exercé (« J’avais passé mon enfance à travailler, étudier, apprendre les choses inutiles et insensées sous le regard étrange d’une famille restreinte de quatre personnes totalement déroutantes, déboussolées et parfois même terrifiantes. »). Il a préféré s’éloigner, mettre de la distance entre lui et sa famille, « … loin de ceux qui m’avaient mis au monde par des voies naturelles, m’avaient élevé, éduqué, détraqué et sans aucun doute transmis le pire de leurs gènes, la lie de leurs chromosomes » et partir à Miami, où il assouvit sa passion, le sport et la cesta punta. Mais la famille rattrape souvent les brebis égarées… Il apprend par le consulat la mort de son père. Comme sa mère, comme son oncle, il a choisi de se suicider « sans un mot pour son enfant », malédiction familiale ou maladie héréditaire ? Paul reviendra en France et deviendra enfin médecin. Il découvrira son père mais aussi ses pratiques et la place que le médecin peut prendre lors de la fin de vie de ses patients (« Personne ne nous avait appris à éteindre des vies, à voir quelqu’un s’en aller sur notre injonction. »). Son nouveau métier l’isole, l’épuise, le plonge dans une solitude pesante, « Peut-être mon père était-il lui aussi reclus dans une forme de solitude, enfermé dans une prison familiale avec des détenus dont il ne parlait pas la langue. », Paul échappera-t-il au destin familial et saura-t-il trouver sa place ? Jean-Paul Dubois propose un questionnement déchirant et émouvant sur la famille et la mort donc sur la vie avec son ton habituel entre gravité et ironie, sérieux et légèreté mais toujours avec grande humanité.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jean-Paul Dubois lus par Vaux Livres

 


- 33 -



Florence SEYVOS
La sainte famille
L'Olivier
172  pages
17.5  euros

01-09-2016

 

    Un lac, une maison mystérieuse et isolée, une famille. Une famille nombreuse et pourtant quelle solitude ! Suzanne et Thomas, les deux enfants complices, vont grandir marqués par le lieu et cette éducation catholique où les sentiments sont tus ou absents. Aucune douceur, aucune protection, des regards froids, « la vérité de son visage, c’est la dureté. », de la peur, « la gifle est dans le ton glacial ». C’est un constat dur, franc, direct, où chacun grandit dans sa solitude et le silence, en refusant « d’appeler au secours », le passage à l’âge adulte sera douloureux.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Florence Seyvos lus par Vaux Livres

 


- 32 -



Vladimir SOROKINE
Soupe de Cheval
L'Olivier
110  pages
13.5  euros

07-12-2015

 

    Olia rencontra par hasard Bourmistrov, homme inquiétant et intriguant. Lorsqu’il lui proposa un marché étrange mais rémunérateur, il souhaitait uniquement la regarder manger, chaque lundi, dans un appartement, elle accepta néanmoins sans savoir qu’elle rentrait dans un jeu macabre, cruel, pervers dont elle ignorait les règles, et dont elle n’avait appréhendé la portée (et la symbolique) et que peu d’idées de l’issue. Petit bijou obsédant de manipulation et totalement atypique.

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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Bernard Kreise

 


- 31 -



Claire CASTILLON
Les pêchers
L'Olivier
204  pages
17.5  euros

18-08-2015

 

    Claire Castillon enchaîne les portraits de trois femmes d’aujourd’hui, deux amoureuses sous le regard d'Esther qui peinent à trouver leur place au sein de leur couple alors que les amours se font et se défont. A la manière d’un Lelouche, Claire Castillon décrit le quotidien d’un microcosme bien occupé par ses petits soucis amoureux et psychologiques.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 30 -



Richard FORD
En toute franchise
L'Olivier
234  pages
21.5  euros

16-08-2015

 

    Richard Ford et son personnage décalé Frank Bascombe dresse un portrait brut de l’Amérique d’Obama (et souvent de l’Amérique anti Obama) après le passage de l’ouragan Sandy dans le New Jersey qui accentue évidemment les failles déjà bien ouvertes de la société américaine.


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Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Josée Kamoun

Les titres de Richard Ford lus par Vaux Livres

 


- 29 -



Agnès DESARTHE
Ce coeur changeant
L'Olivier
337  pages
19.5  euros

31-07-2015

 

    « Ce cœur changeant » traverse l'histoire de l'Europe de 1889 à 1931 à travers l'intimité de Rose, fille d'un couple atypique, René officier français et Kristina une Danoise exubérante, d'une beauté étonnante et d'une liberté totale. Rose grandit sans l'attention de ses parents, seule sa nounou, choisie par sa mère, s'en occupa. La solitude accompagna finalement Rose tout au long de son existence. Vers 17 ans, elle arrive à Paris et les rencontres se multiplieront, une vie souvent proche des bas-fonds et éprouvante et oscillant entre les extrêmes, paillette et déchéance. Mais elle continue, toujours, s'accroche, toujours, force de vie stupéfiante, malgré le passé et l'avenir (« C'est ainsi qu'elle avait toujours voyagé, songeait-elle, sans regarder vers l'avenir que se précipitait vers vous comme une bête sauvage, mais plutôt tournée calmement vers le passé dont on parvenait à retenir certaines bribes tandis qu'il défilait à l'envers, jusqu'au néant. »), autant dans sa vie personnelle et intime que face aux graves événements de l'époque. Évidemment le destin de cette femme singulière et son caractère sont attirants et intéressants par eux-mêmes mais ils doivent aussi beaucoup à l'écriture et au style foisonnant, chaud et précis d'Agnès Desarthe.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Agnès Desarthe lus par Vaux Livres

 


- 28 -



Valérie ZENATTI
Jacob, Jacob
L'Olivier
166  pages
16  euros

03-01-2015

 

    Jacob Melki est un enfant de Constantine, d'une famille juive de l’Algérie des années 40. Enfant brillant, il fut pourtant contraint de quitter l’école par les lois anti juives et Valérie Zenatti nous fait partager avec émotion, sans faux semblants, le quotidien de la famille, les rapports tendus entre les femmes, les filles et les hommes. A côté de ces existences souvent violentes, Jacob est lumineux, arrive à s’abstraire de cette réalité aidé par une petite voix et ses « mots de silence ». Mais depuis quelques années, la guerre gronde sur le continent et Jacob est appelé pour défendre la patrie : débarquement en Provence puis progression jusque dans les Vosges. Sa mère suit les évènements et son parcours et attend le retour du héros, sans néanmoins ressentir l’horreur de la guerre, la violence qui pousse à tuer, tuer encore, tuer pour ne pas mourir, la violence d’assister impuissant à la disparition un à un de ses compagnons, et les quelques rencontres et lueurs qui permettent de tenir jusqu’à la balle victorieuse et l’ultime instant. Une dizaine d’années plus tard, Gabriel, le neveu de Jacob, profondément ébranlé par la violence de ses proches, devra aussi tuer et s’engagera pour la France dans la guerre d’Algérie. Des vies invisibles, brèves et brisées que Valérie Zenatti et son écriture délicate et sensible permettent de ne pas oublier.

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Thème(s) : Littérature française

 


- 27 -



Geneviève BRISAC
Dans les yeux des autres
L'Olivier
306  pages
18.5  euros

31-08-2014

 

    Anna est écrivain. Elle a rencontré le succès avec un livre, A bas la mort et des années plus tard, alors que le temps a passé, elle reprend ses trois carnets et nous fait partager sa vie et son engagement. Dès l’âge de 15 ans, elle s’engage et milite aux côtés de sa sœur Molly, deux sœurs unies notamment dans leur lutte pour la Révolution mais différentes. Elles sont résolues et convaincues qu’elles vont participer au changement radical du monde, l’utopie n’est pas encore un gros mot dans les années 70 ! Elles resteront ensemble très longtemps jusqu’à ce qu’Anna écrive ce roman qui exposera avec un œil perçant et mordant la réalité qu’elles ont vécue, impardonnable pour ses compagnons, l’écriture est aussi dangereuse... Les deux sœurs avaient rejoint un collectif et notamment Marek et Boris. C’est alors que le 11 septembre 73 et le coup d’état du général Pinochet marquèrent une rupture, une cassure et ils décidèrent de partir au Mexique pour aider les Chiliens persécutés. Leur mère, Mélini, si extravagante et excentrique, parfois cannibale, les accompagna. La lutte armée prend forme, Marek périra en prison. Au retour, Anna continuera à manier les mots et Molly à affronter la misère du monde en tant que médecin. Roman attachant avec une écriture qui se calque aux caractères, aux états d’âme des personnages et un ton parfois caustique et souvent mélancolique, un roman qui offre une vision féminine de l’engagement et enfin un roman qui parle du temps qui passe, de l’utopie, des désillusions, de la fidélité à ses idéaux, des relations entre deux sœurs mais aussi de l’écriture et du pouvoir des mots.

« L’écrivain est un espion tapi au milieu des siens. Il trahit, c’est son caractère. »

« Marcher au milieu de la rue, au milieu du boulevard, en se tenant crochetés par les coudes, bras dessus bras dessous, et en chaîne sauve de tout vertige. Nous sommes ensemble. Dans la rue ensemble. Et c’est comme un appel à la liberté. »

« Mais la vie ordinaire les rattrapera, la vie ordinaire, avec les rivalités, les échecs, les illusions, la jalousie et le temps qui file. L’amour et la révolution, l’échec de l’amour, les pièges de l’amour, les illusions de la révolution, les borborygmes de l’histoire les sépareront malgré elles. »


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Thème(s) : Littérature française

 


- 26 -



Fiona MCFARLANE
L'invité du soir
L'Olivier
270  pages
22.5  euros

06-06-2014

 

    Ruth a 75 ans et vit seul sur la côte australienne. Harry, son mari, est mort et se deux fils vivent bien loin d’elle, et à part quelques coups de téléphones réguliers, ils ne se voient guère. Sa santé décline, parfois déboussolée, quelques absences, quelques rêves, quelques souvenirs des îles Fidji où elle a passé son enfance et rencontré son premier amour, Richard, un jeune médecin venu aidé son père. Seuls vrais compagnons ses deux chats, les baleines au large et un tigre sauvage qui passe la voir, discrètement, le soir ou la nuit et laisse derrière lui son odeur puissante. Puis un jour, Frida pousse la porte, son frère, chauffeur de taxi, l’a déposée. Elle dit être envoyée par le gouvernement pour s’occuper d’elle et s’installe. Elle prend soin de Ruth si vulnérable mais pourtant la tension monte. Les femmes se jaugent, s’épient, mais aussi semblent s’apprécier parfois, s’agressent puis se consolent, pleurent puis rient. Frida prend sa place et devient vite indispensable même si Ruth tient à son indépendance et se rebelle. Faut-il avoir peur ? Qui doit avoir peur ? Le fil se tend progressivement jusqu’à la dernière page et la rupture finale nécessairement violente.

Premier roman

"Etre heureux, c'est un choix."

"Les enfants étaient éphémères."


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 25 -



Carlos BERNATEK
Banzaï
L'Olivier
204  pages
19.5  euros

13-05-2014

 

    En Argentine, un héros sans nom souhaite devenir invisible, un autre, pour mieux observer la vie présente et les fantômes du passé. Aussi, il quitte ses proches pour une station balnéaire isolée, s’éloigne et accepte la solitude, le prix à payer, pour endosser une nouvelle identité dans ce pays où de nombreux étrangers sont venus chercher une nouvelle vie, une nouvelle identité loin de leur passé ignoble. Un homme sans passé ni avenir dont seule la mémoire subsiste. Les chapitres alternent entre présent et souvenirs d’enfance et questionnent sur notre (ou nos) identité(s), ce que l’on devient, sur notre violence et ce qui peut nous faire basculer. Un surprenant roman sur le sens de la vie et l’identité mais aussi sur l’histoire mouvementée de l’Argentine évidemment liée à la notre.

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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 24 -



Milena MICHIKO FLASAR
La cravate
L'Olivier
166  pages
18.5  euros

27-02-2014

 

    Taguchi Hiro et Ohara Tetsu se rencontrèrent par hasard sur un banc, dans un parc. Taguchi, le plus jeune, sortait de la chambre où il était resté cloîtré deux ans. Ohara venait d’être licencié, il n’osait l’avouer à sa femme et venait manger la gamelle qu’elle lui préparait. Leurs solitudes se font face. Ils s’observent, puis se parlent, se confient. Chacun se raconte avec franchise, sans faux semblant ni retenue. Ils avancent tous les deux, ensemble, à un rythme contenu presque main dans la main. Aucun des deux ne s’épargne et ils vont apprendre à se connaître. Au coeur de chaque confession, au milieu d’une histoire simple, une violence sourde apparaît subrepticement. Le temps et la parole les libèrent, ils s'aident ainsi mutuellement pour enfin s’accepter. Un roman singulier et attachant, un écrivain autrichien à l’écriture japonisante qui, par petites touches et avec délicatesse et subtilité, susurre un hymne à la vie réconfortant.

Premier roman

« Rencontrer quelqu’un, c’est s’impliquer. »

« Plus jamais, je me l'étais juré, je ne voulais avoir part à la souffrance d'un autre. Il devrait le savoir. Que pleurer et agoniser sont des affaires privées.


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Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 23 -



Richard FORD
Canada
L'Olivier
478  pages
22.5  euros

21-10-2013

 

    Dell Parsons a 15 ans lorsque sa vie bascule. Il vit aux Etats-Unis, au beau milieu de nulle part, rêve d’échecs et d’abeilles, un enfant « normal ». Sa sœur jumelle voudrait quitter ses parents, couple étrange et bancal, un père pilote de bombardier « faisait pleuvoir la destruction sur terre » et une mère institutrice. Ils commettent un hold-up (digne des pieds-nickelés) pour rembourser leurs dettes et sont arrêtés immédiatement. Sa mère les confie à son amie Mildred pour éviter l’orphelinat. Alors que sa sœur préfère la fuite, lui, docile, suit Mildred qui l’emmène au Canada, loin de l’Amérique qui a vu ses rêves se perdre. Elle y retrouve son frère, individu aux pratiques douteuses et au passé trouble. Au milieu de cette nature sauvage, Dell continue d’apprendre et de grandir, d’observer les adultes tout en quittant l’adolescence. Bien longtemps plus tard, devenu professeur, il retrouve sa sœur et autour du carnet de notes écrites en prison par leur mère, ils reviennent sur leur existence, leurs choix, leur envol brisé par leurs parents. Richard Ford dissèque avec brio la vie et les sentiments de Dell, le basculement de son existence, son désir de normalité, son passage à l’âge adulte et son appréhension pleine de sagesse de la vie. Roman poignant d’apprentissage (aussi vaste que le Canada) qui aimante le lecteur dès la première phrase !

« Dans ce monde, il y a deux sortes de gens, a dit Mildred. Oui, enfin, il y en a de toutes sortes. Mais au moins deux : ceux qui comprennent qu’on ne sait jamais ; et puis ceux qui pensent qu’on sait toujours. »

« Tu as tout fait, elle a dit. Nous essayons tous. Tu essaies. J’essaie. On essaie tous. Que faire d’autre ? »


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Thème(s) : Littérature étrangère

Les titres de Richard Ford lus par Vaux Livres

 


- 22 -



Véronique OVALDÉ
La grâce des brigands
L'Olivier
286  pages
19.5  euros

07-08-2013

 

    Maria Cristina Väätonen quitte Lapérouse et sa famille à seize ans au début des années 70. Ville obscure et brumeuse, sans véritable vie, entourée de marais, une mère malade, religieuse, protectrice, une sœur jalouse et diminuée, un père effacé mais qui acceptera son départ pour Santa Monica. Elle arrive avec ses rêves (« Maria Cristina Väätonen aurait probablement aimé être une femme scandaleuse. »), rencontre Joanne une jeune femme un peu perdue qui pourtant saura la protéger et l’aider à trouver sa voie. Maria Cristina devient par hasard la secrétaire d’un grand écrivain qu’elle admire, devient son amante et lui confie son roman autobiographique où elle règle quelques comptes avec sa jeunesse. Il semble vouloir la guider, l’épauler dans la vie et dans le monde de l’édition mais pygmalion ou brigand, Maria Cristina saura lever le voile sur cet homme mégalo et égocentrique tout en acquérant définitivement sa liberté. Maria Cristina vient étoffer la palette déjà riche de portraits féminins de Véronique Ovaldé, des femmes volontaires, indépendantes, fières et de caractère, qui sauront conquérir leur espace de liberté.

« Les drames ne surviennent pas dans le hasard et le chaos des choses. Les erreurs de jugement participent d’une grande organisation souterraine qui se répand en racines et radicelles vivaces sous vos pieds, lesquelles attendent leur heure, patiemment, muettement, creusant leurs chemins multiples et fertiles, endurantes pourritures, jusqu’au moment où elles sortent de terre, explosent au grand jour et vous enserrent les chevilles pour vous soustraire à la lumière et vous emporter dans leur obscurité. »

« La beauté est une injustice et un hasard. »

« Il lui répète que le succès d’un livre est de toute façon un malentendu. »

« Qu’y a-t-il de plus agaçant que les gens qui vous offrent des choses inacceptables, pense Maria Cristina, et qui portent chacun de vos refus systématiquement à votre passif, ces gens qui comptent sur votre politesse ou votre docilité pour vous faire accepter ce que vous n’avez jamais réclamé. Et accepter fera de vous leur obligé. »


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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Véronique Ovaldé lus par Vaux Livres

 


- 21 -



Florence SEYVOS
Le garçon incassable
L'Olivier
174  pages
16  euros

08-05-2013

 

    Une discrète et attentionnée narratrice s’attache à dresser le portrait de deux êtres qui s’opposent autant qu’ils s’assemblent. Alternativement, l’un vole, l’autre trébuche, l’un court, l’autre attend, tous les deux ont un corps brisé, tous les deux attirent l’attention, sont observés de tous et pourtant vivent une solitude certaine. Le premier est son demi-frère, Henri, prognathe au développement mental interrompu, le corps étiré, malaxé, violenté par son père pourtant si aimant, il tombe mais se relève, incassable, toujours, et continue d’avancer, malgré la douleur et la différence. Le second est Buster Keaton, star déchue du cinéma, sa carrière est lancée par ses chutes dès l’enfance, de plus en plus violentes, sans limite, incassable, il imagine ensuite toujours plus haut, plus fort, pantin désarticulé, rien ne l’arrête. Portraits miroirs, qui n'en font qu'un, émouvants et inclassables de deux êtres aussi fragiles qu’invulnérables, deux résistants, à part, qui ne trouveront pas leurs places dans la société.

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Thème(s) : Littérature française

Les titres de Florence Seyvos lus par Vaux Livres

 


- 20 -



Agnès DESARTHE
Une partie de chasse
L'Olivier
155  pages
16.5  euros

06-01-2013

 

    Tristan est jeune, le plus jeune des quatre chasseurs qui avancent avec fusils et chiens dans l’aube vaporeuse. Tristan est différent de ces hommes, il conserve caché dans sa gibecière un lapin qu’il n’a pu tuer (« S’il survivait, tout ce qui avait été raté serait sauvé. »). Les trois autres forment un bloc, un groupe primaire, aux réactions basiques et lourdes, « rires pluriels et gras ». Un accident les surprend et bouscule la hiérarchie, l’organisation, le chasseur change de statut. Tristan se retrouve seul avec l’un d’eux alors que les deux autres partent rechercher de l’aide. L’atmosphère devient lourde quand la nature s’en mêle, une tempête les surprend et le déluge entreprend un nettoyage complet. L’écriture est aussi soignée et précise que les rapports humains sont violents, une fureur habite les personnages et accompagne sous l’œil éclairé du lapin philosophe le passage à l’âge adulte de Tristan.

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Les titres de Agnès Desarthe lus par Vaux Livres

 


- 19 -



Jean-Paul DUBOIS
Le cas Sneijder
L'Olivier
220  pages
18  euros

29-09-2011

 

    Lorsque Paul Sneidjer sort du coma, il apprend qu’il est le seul survivant après un accident d’ascenseur, accident inédit dans une tour de Montréal qui l’incite à se questionner : les raisons de cette chute d’ascenseur, du décès de sa fille. Un monde s'écroule, un second s'ouvre, différent, deux mondes face à face qui ne se comprennent pas. Approcher la mort bouleverse sa vision de la vie, de sa vie. Il repart avec indifférence vers une nouvelle vie, un nouveau métier avec toujours au centre de ses préoccupations ces monstres technologiques que sont ces ascenseurs que nous croyons maîtriser comme notre vie. Paul devrait être mort et sa mémoire lui rappelle tous les évènements de son existence mais cette mémoire n’est-elle pas plus mortifère qu’un ascenseur ? Jean-Paul Dubois nous offre à nouveau une nouvelle comédie grinçante à l’humour noir dévastateur.

« Mais quelle que soit l’ampleur de nos coupes, année après année, telle un lierre têtu et dévorant, lentement, notre mémoire nous tue. »

Thème(s) : Littérature française

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- 18 -



Véronique OVALDÉ
Des vies d'oiseaux
L'Olivier
238  pages
19  euros

28-08-2011

 

    Vida Izzara a été arrachée de sa région natale par Gustavo qui demeure l’homme de sa vie, abandon de ses origines mais aussi bouleversement social. Elle ne travaille pas et demeure dans sa somptueuse villa dans les beaux quartiers. Seule ombre au tableau : sa fille Paloma a quitté ce monde idyllique, fuite de ce monde, fuite du père distant, froid, peu préoccupé par les envies de sa fille mais aussi fuite de Vida avec qui les relations deviennent orageuses. Dans le quartier, un couple de jeunes gens s’installent clandestinement dans les villas inoccupées et le lieutenant Taïbo chargé de l’enquête rencontre Vida. Vida est immédiatement troublée par cet homme calme, patient, attentif qui dégage une sérénité à toute épreuve, réaliste et rêveur, présent et absent, mystérieux... Ils partent à la recherche de Paloma mais aussi vers le chemin retrouvé de la liberté. Véronique Ovaldé confirme encore son art pour nous faire partager l'amour qu'elle ressent pour ses personnages et pour les rendre attachants et intéressants.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Véronique Ovaldé lus par Vaux Livres

 


- 17 -



Christian OSTER
Rouler
L'Olivier
176  pages
15  euros

30-07-2011

 

    Au milieu d'une journée d'été, Jean prend sa voiture, s’assoit au volant, quitte Paris et décide de rouler, seul au volant, face à sa solitude, à sa vie. Pas d’itinéraire précis, destination prévue Marseille. Le hasard, laisser filer sa vie au gré du bitume, des rencontres. Combattre l’indifférence ou s’en accommoder ? Prendre le temps, combattre le temps, gagner du temps ? Pour qui, pourquoi ? Christian Oster nous offre ce road novel aussi mouvementé que contemplatif et ce héros atypiques où il démontre une fois encore tout son art de la description, jusqu’à l’extrême.

Sélection Prix Page des Libraires 2011

« … j’ai pensé que les gens étaient tourmentés dans l’ensemble et j’aurais bien voulu que ça m’aide, mais ça ne m’a pas aidé. »

« … je testais ma capacité de résistance aux autres, à leur façon d’être là. »


Thème(s) : Littérature française

Les titres de Christian Oster lus par Vaux Livres

 


- 16 -



Shumona SINHA
Assommons les pauvres !
L'Olivier
158  pages
14  euros

20-07-2011

 

    Elle est étrangère. Interprète auprès des demandeurs d’asile. Chaque jour, elle en rencontre de nouveaux. Ils confessent leurs histoires, leurs vies, leurs passés réels ou inventés. Mais elle est passée de l’autre côté, elle n'arrive pas à ressentir de la compassion. Elle apprécierait de travailler dans la sérénité alors que ces hommes l’en empêchent. La violence de la société a fait son oeuvre... Un soir, dans le métro, elle fracasse avec fureur sur la tête d’un immigré une bouteille de vin. Une nuit au commissariat pour s’expliquer. Tenter de suivre son cheminement. Avec précision, elle montrera comment elle en est arrivée à ce stade, à cette colère. Elle ne supporte plus d’être contrainte de voir ces pauvres, leurs récits cruels, leurs violences, monologues répétitifs et déprimants. Jour après jour, elle s’en éloigne et pourtant, chaque matin, elle replonge dans leur monde, esclaves modernes, avec scepticisme et rancoeur. Cette nuit lui permet également de revenir sur sa trajectoire, son chemin vers la liberté dont l’issue lui fera oublier son propre cheminement.

ps : "Assommons les pauvres" est également le titre d'un texte de Baudelaire issu des "Petits poèmes en prose" qui illustre parfaitement ce récit.

« Connaître l’autre serait aussi périlleux que de traverser les frontières, les mers et les océans. Chacun est un monde en soi. Chacun porte en soi un monde entier, un monde en désordre. Sous l’apparence de traits communs, les citoyens du village mondial, tous ensemble et en même temps si seuls, se dispersent à l’infini. Parfois nous nous croisons. »

« Depuis longtemps je n’étais pas allée aussi loin au fond de moi, près de mes sous-sols, près de mes racines. Au fond de nous, il y a des puits noirs, des oubliettes, des impasses. Au fond de nous, il y a une maison hantée, un pays déserté, une terre entre les langues de la baie. »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 15 -



Olivier ADAM
Le coeur régulier
L'Olivier
233  pages
18  euros

19-08-2010

 

    Sarah, la narratrice, part au Japon après le décès de son frère Nathan. Enfants, ils étaient très liés, il était son double, unis face à leurs parents, toujours à la recherche de leur liberté. Mais seul Nathan persévèrera dans cette voie, Sarah adoptant une vie plus conventionnelle, bien rangée. La mort de son frère trouble cet ordre bien établi et l’incite à partir sur ses traces afin d’expliquer cette disparition et savoir si son frère s’est suicidé comme il l’a déjà tenté dans la passé. Elle se retrouve dans un modeste village japonais, au pied des falaises, où moult désespérés viennent mettre fin à leur vie. Elle le cherche, elle le sent, le suit mais il s'échappe toujours et encore. Nathan prétendait avoir retrouver la paix et la sagesse dans ce pays atypique et auprès d’un certain Natsume. Cet homme se dévoue totalement à ces désespérés et tente de les sauver puis de les remettre patiemment dans le chemin de la vie.
« Vu de loin on ne voit rien » disait Nathan mais « vu de près » non plus selon Sarah ! En effet, ce voyage en l’éloignant de son foyer, en la confrontant à l'ambiance et la culture japonaises et en la rapprochant de son frère l’éclairera dangereusement ("Je m'étais tellement trompée") sur sa vie, son mal être, ses proches, ses attentes mais aussi sur Nathan ce frère assoiffé d'amour qu’elle croyait connaître. Nathan avait trouvé en Natsume sa béquille alors que Sarah, qui s’occuperait d’elle ? Olivier Adam continue de creuser son sillon et d’explorer pour notre plus grand plaisir ses thèmes favoris (la fraternité, la difficulté à connaître ses proches, la vie de gens simples, la mort, la mer…) en sachant toujours se renouveler.

« On a toujours le choix, m’avait-il répondu un jour, les dents serrées, les yeux tremblant de colère. Quand on a fait des études, on a toujours le choix. Entre la main gauche et la main droite. Entre ce qui blesse et ce qui soigne, entre ce qui aggrave et ce qui répare. On a toujours le choix. Tu pourrais très bien bosser dans le social, enseigner, entrer dans un service public, mettre ton intelligence et ta force de travail au service des gens, de la culture, de l’éducation. Tu pourrais très bien choisir de bien moins gagner ta vie et d’ouvrir les yeux sur ce que tu vas faire. Tu pourrais très bien t’abstenir d’apporter ton eau au grand moulin du libéralisme, de la religion du profit et de la rentabilité, des délocalisations, de la production à bas coûts en Inde ou au Bengladesh. Tu pourrais. »

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


- 14 -



Damon GALGUT
L'imposteur
L'Olivier
299  pages
22  euros

21-05-2010

 

    Adam subit sa vie : il est seul, vient de perdre son emploi, un frère qui n’hésite pas à le juger… Il quitte Johannesburg pour se retirer dans une maison abandonnée de longue date dans une petite ville du bush sud-africain. Il semble décider à renouer avec sa passion passée, la poésie. Pourtant, peu de temps après son arrivée, un homme vient bousculer son quotidien. Alors que la solitude lui pèse et que l’écriture peine, un certain Canning se présente comme un ancien camarade de classe dont Adam n'en a aucun souvenir, il se laisse pourtant entraîner par cet homme, nouveau riche de l’Afrique du Sud, homme d’affaires sans scrupule et cynique : une maison luxueuse, des projets immobiliers et une superbe femme noire séduisante mais distante. Intrigué par cet homme et ce couple de la nouvelle Afrique du Sud, Adam se plonge dans un tourbillon sans fin, entre attirance et répulsion. En mélant le destin d’un homme et de son pays, l’Afrique du Sud de l’après apartheid, Damon Calgut nous offre un texte oppressant non dénué d’étrangeté et de mystères qui imperceptiblement dresse aussi un portrait de l’Afrique du Sud actuelle.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 13 -



Véronique OVALDÉ
Ce que je sais de Vera Candida
L'Olivier
298  pages
19  euros

24-08-2009

 

    Trois femmes d’une même lignée en Amérique du Sud. Rose, Violette et Vera Candida Bustamente, grand-mère, mère et petite-fille. Trois femmes, trois pères absents. Trois femmes debout, combattantes sur cette île de Vatapuana, trois femmes qui ont enfanté dans le silence, le nom du père restant tu à chaque naissance. Et puis, Vera Candida tente de rompre avec le destin et déjà enceinte, elle quitte sa grand-mère et Vatapuana pour la grande ville Lahomeria. Elle arrive seule dans la grande ville mais le combat continue, de tous les instants : se loger, travailler, aimer, donner naissance à sa petite fille, vivre mais Vera Candida toujours combative, jamais désespérée, est bien décidée à rester libre et maîtresse de son destin, jusqu’à son dernier souffle ! Un superbe portrait d’une femme de caractère et éprise de liberté qui ensorcellera le lecteur page après page.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Véronique Ovaldé lus par Vaux Livres

 


- 12 -



Antoine AUDOUARD
L'Arabe
L'Olivier
260  pages
19  euros

24-08-2009

 

    L’Arabe s’installe un jour dans un village du sud, sans prévenir, les yeux baissés. Le jour, il travaille sur un chantier de terrassement, la nuit, il occupe une cave prêtée par un villageois. Que vient-il faire ici ? Se cache-t-il ? Et dans ce cas, quelles en sont les raisons ? Personne ne sait, tout le monde suppute. Les regards sont de biais, horrifiés, apeurés, énervés (« Juste ne croyait qu’aux hommes dont on a connu le père, et de préférence le grand-père »), non seulement il est étranger mais pire que tout, il est Arabe ! Et puis un meurtre est commis dans une famille où chaque membre est plus tragique que l’autre. L’Arabe y est forcément pour quelque chose… Même s’il trouve du réconfort auprès d’une femme en marge qui travaille sur le même chantier et même si le commandant de gendarmerie évite un lynchage annoncé, la machine infernale alimentée par la bêtise ambiante est lancée et qui pourra la stopper ? Un roman qui pourrait être le compte-rendu d’un fait divers tragique à la une du vingt heures, un soir parmi les autres, vite regardé, vite oublié… un roman aux personnages particulièrement réussis où aucune des facettes de notre humanité, de la plus sombre à la plus lumineuse, n’est oubliée.

Thème(s) : Littérature française

 


- 11 -



Andrew Sean GREER
L'histoire d'un mariage
L'Olivier
273  pages
21  euros

13-06-2009

 

    Dans les années 50 à San Francisco, Pearlie Cook et Holland Cook forment un couple paisible. Ils se sont connus très jeunes, la guerre de Corée les a éloignés l’un de l’autre puis le mariage a scellé ce coup de foudre de jeunesse. Sonny, leur fils, atteint de poliomyélite cadre avec l’environnement paisible de leur vie. Pourtant, l’arrivée de Charles Drummer qui a connu intimement Holland lors de la guerre dérèglera inexorablement la belle machine. Pearlie toute dévouée à son mari découvrira un pan caché et inimaginable de son histoire (« Nous croyons connaître ceux que nous aimons. Nous croyons les aimer. »). Charles Drummer propose un marché inédit à Holland au prix d’un bouleversement complet de son quotidien. L’intrigue déjà passionnante est renforcée par le cadre, l’époque, la période de l’histoire : en plein maccarthysme, au moment de l’affaire Rosenberg, époque où le patriotisme règne alors que les problèmes raciaux, les peurs sont prégnants au sein d’une Amérique encre et toujours puritaine.

« Au long de toutes ces années où je manifestais de l’inquiétude pour ton cœur, devinas-tu le mensonge inoffensif que je m’étais inventé ? Ou te résignais-tu simplement à une bizarrerie de ma part ? Aussi déconcerté par mes mystères que je l’étais par les tiens, aussi disposé à me les pardonner : deux personnes voilées se guidant l’une l’autre, main dans la main. C’est peut-être cela un mariage »

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 10 -



Agnès DESARTHE
Le remplaçant
L'Olivier
87  pages
12.5  euros

17-04-2009

 

    Agnès Desarthe à travers l’histoire de B.B.B. trouvera aussi son identité alors que B.B.B. n’est pas son grand-père mais l’homme qui a vécu à côté de sa grand-mère : « Peut-être ferais-je mieux de commencer par expliquer que mon grand-père n’est pas mon grand-père. Bouz, Boris, Baruch n’est pas le père de ma mère. Le père de ma mère a été tué à Auschwitz en 1942. B.B.B. –appelons-le ainsi, pour le faire court _ est l’homme avec qui ma grand-mère, la vraie, a refait sa vie… si l’on peut dire ». En racontant ce grand-père, Agnès Desarthe parle d’elle-même mais aussi de son enfance, de son adolescence, de son éveil à la vie, de son imaginaire, de sa relation à la littérature, de ses angoisses...

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Agnès Desarthe lus par Vaux Livres

 


- 9 -



Olivier ADAM
Des vents contraires
L'Olivier
255  pages
20  euros

22-12-2008

 

    Paul Anderen porte à bout de bras ses deux jeunes enfants depuis que sa femme Sarah a disparu. Chaque nouvelle journée est un combat, et Paul s’épuise. Pour survivre, il quitte sa maison pour retourner sur les lieux de son enfance à Saint-Malo auprès de son frère et de sa belle-sœur. Le père et ses enfants demeurent déboussolés, anéantis, chacun à sa manière. Le père est dévasté mais ses sentiments pour ses enfants, son rôle de père insuffle une dernière "brise" de vie. La petite appelle sa mère désespérément, le petit se replie sur lui-même et Paul pourtant au fond du gouffre tente de les protéger tout en espérant les ramener vers la vie. Mort ou disparition, le doute est pesant. Le trio se soude malgré les questions incessantes et émouvantes des petits : « Tu crois qu’elle est morte, maman ? », « Si elle est morte on a qu’à mourir tous les trois comme ça on sera avec elle ». L’absence de Sarah reste une obsession qui les rapproche pour tenter de se reconstruire quelque soit l’issue de cette disparition : « Nous allons passer à une autre étape : tenter d’avancer avec au flanc cette plaie béante, faire notre vie avec ça, aussi inconcevable que ce soit ». Ce retour est également émaillé par de multiples rencontres de personnages tous plus ou moins brisés par la vie et malgré l’épreuve terrible que subit Paul et son désespoir, il n’a rien oublié de son humanité et de sa fraternité et il saura leur venir en aide quand cela s’avèrera nécessaire. Mais ce retour sur les lieux de son enfance est aussi prétexte à se remémorer son passé et son sentiment d’inutilité et d’infériorité. Encore un émouvant roman d’Olivier Adam d’une grande humanité où nous retrouvons quelques-uns de ses thèmes favoris : la fraternité, l’enfance, l'absence, la disparition et la mort, les terribles conséquences sociales de notre société qui brise efficacement les vies des simples gens sans oublier cette ambiance maritime toujours aussi mélancolique.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


- 8 -



Uzodinma IWEALA
Bêtes sans patrie
L'Olivier
176  pages
18  euros

22-08-2008

 

    Agu, fils d’un instituteur, a une vie paisible illuminée par l’amour de ses parents et ses rêves, rêves d’avenir brillant. Pourtant la guerre arrive brutalement dans son village et réduit à néant sa vie en un instant. Son récit est celui d’un enfant-soldat africain tel que l’on nous les décrit habituellement, mais la vision est ici celle de l’intérieur, sans filtre, brute, terrifiante. Agu a choisi la parole comme thérapie et nous expose son terrible parcours car il préfère ce cheminement à la mort : « … en même temps j’a commencé à avoir peur à cause que la seule façon de ne plus jamais combattre c’est finalement mourir. Or moi je ne veux pas mourir. ». Du premier jour où le commandant l’enrôle et lui apprend à tuer jusqu’au dernier jour de cette mortuaire épopée. Tuer, toujours et encore. Brûler, détruire sans poser de question. Obéir. Lever le camps, tuer, lever le camps. Et pourtant, dans cette barbarie, tenter de conserver quelques rêves enfantins et ne pas oublier son enfance. Se taire, tout supporter. S’épauler et se protéger avec son ami Strika qui ne parle plus depuis l’assassinat de ses parents. Le commandant a tous les droits sur ces (ou ses ?) enfants, droit de mort, droit de vie, droit de cuissage… Les petits soldats restent amorphes devant ce misérable kapo et lui obéissent aveuglement jusqu’à l’épuisement, la mort. Une plongée en enfer, un roman terrible sur la folie extrême des hommes et les conséquences indélébiles de ces guerres insensées. A noter l’impressionnant travail de traduction d’Alain Mabanckou qui réussit à traduire parfaitement dans le vocabulaire, la forme des mots et le ton, la tragédie de la situation et le désespoir assourdissant d’Agu.

« J’ouvre les yeux, on est toujours dans la guerre, et je pense dans moi-même que si la guerre est là elle n’avait pas foiré ce pays, eh bien j’aurais déjà été un homme en vrai moi aussi maintenant. »

« Je suis un peu content au moment quand il me donne des faveurs car je sais aussi que s’il veut il peut faire n’importe quoi avec moi sans rien me donner à la fin. »

« Et là je regarde alors le Commandant, je regarde alors Strika, je me dis dans moi-même que ces deux-là ils sont si tranquilles si beaux on dirait avant la guerre, on dirait aussi après la guerre, mais pas vraiment on dirait maintenant. Maintenant on ressemble tous aux animaux. »

Premier roman


Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction : Alain Mabanckou

 


- 7 -



Jean-Paul DUBOIS
Les accomodements raisonnables
L'Olivier
261  pages
21  euros

22-08-2008

 

    Le roman est le récit d’un an de la vie du narrateur Paul Stern. Il s’ouvre avec l’enterrement de Charles Stern, son oncle, mort subitement et de manière inédite... Son père, Alexandre, 78 ans, et son oncle ne vivaient « que dans l’exécration et le conflit ». Alexandre hérite pourtant de la fortune de son frère. Paul voit alors son père changer et abandonner ses convictions, son mode de vie, il s’aperçoit que celui-ci n’est pas l’homme qu’il croyait et qu’il a toujours simulé... On croit connaître ses proches, mais les simulations et autres petits accommodements biaisent bien souvent nos relations. Dans le même temps, sa femme Anna est en pleine dépression et lui qui revoit des scenarii (il est script-doctor) est impuissant devant cet état. Il saute donc sur une proposition qui lui est faite : partir à Hollywood travailler pour les studios de la Paramount et nous présente son arrivée dans cet univers entièrement factice. L’organisation folle de ce monde de stars et d’anonymes est décryptée par Paul. Ses journées (ou plutôt ses nuits) sont entrecoupées par les appels de son père qui lui parle principalement de l’actualité politique française (élections 2007). Un jour, il rencontre sur son lieu de travail Selma une jeune femme sosie parfait d’Anna mais à 30 ans et « baiser son double, ce n’est pas tromper sa femme » ! Arrivera ce qui devait arriver. Cependant Selma a une vie éprouvante pour son entourage… Après une overdose, il l’aide à se soigner et la quitte alors qu’elle débute sa cure de désintoxication. Son travail terminé, il décide de repartir à Toulouse où sa femme a achevé sa cure et l’attend à l’aéroport. Après cette année de bouleversements, « les accommodements raisonnables tacitement conclus nous mettaient pour un temps à l’abri d’un nouveau séisme, mais le mal était toujours là, tapi en chacun de nous, derrière chaque porte, prêt à resurgir ». Jean-Paul Dubois excelle pour présenter avec humour et réalisme nos doutes, les remous de l’existence humaine sans oublier les réalités sociales de notre monde.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jean-Paul Dubois lus par Vaux Livres

 


- 6 -



Cormac MCCARTHY
La route
L'Olivier
245  pages
21  euros

18-01-2008

 

    Quelques années plus tôt, l'apocalypse a réduit à néant l'humanité. Survivants, un père (malade) et son fils suivent la route du sud. Une route grise, infinie, encombrée de ruines, de cendres et de cadavres. Un chaos terrible dont on ignore les raisons, McCarthy n’explique pas, il décrit. Végétaux et animaux ont disparu. Quelques survivants, apeurés ou agressifs, effrayés ou violents, affamés ou cannibales... Ecoute et attention permanentes, instincts de survie… Peur constante, peur de la mort, peur de l’autre… Des fantômes se méfiant de tout et de chacun. La recherche de la nourriture, d’un abri sont des épreuves quotidiennes, éprouvantes et dramatiques. Pourtant, le père influe à son fils la force de se lever chaque matin et de repartir. Ils progressent vers le sud appuyés sur leur caddie contenant toute leur richesse, vers la mer mais avec quel espoir, quel but ? Le père (l’Homme) le sait-il seulement ? Destinée humaine… Dans ce monde hostile et barbare, ils tentent de conserver leur humanité au cours de cette épopée quasi-biblique, chacun restant attentif à ce que l'autre ne tombe pas dans la barbarie. La fin de l’humanité n’est cependant pas définitive et un léger espoir filtre encore… La narration oscille entre récits, descriptions et dialogues épurés, réduits au strict minimum, le rythme du livre s’adapte parfaitement au rythme de progression des deux survivants auxquels le lecteur s’attache irrémédiablement. Le lien et la relation (la fusion) entre son père et son fils, sans mots inutiles, sont particulièrement réussis.

Prix Pulitzer 2007

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 5 -



Jean-Paul DUBOIS
Hommes entre eux
L'Olivier
232  pages
19  euros

05-05-2007

 

    Après le léger mais excellent « Vous plaisantez Monsieur Tanner », Jean-Paul Dubois revient avec une tragédie digne des tragédies antiques, duel épique entre deux hommes qui n’auraient jamais dû se rencontrer tellement leurs différences sont flagrantes et leurs lieux de résidence éloignés. Paul Hasselbank, toulousain, atteint d'une maladie incurable, n'attend plus rien de la vie et survit comme il le peut. Pourtant il espère en une ultime rencontre avec Anna, la femme qui l'a quitté. Une carte postée depuis le grand nord canadien, l’amène à entreprendre un long périple vers une petite bourgade de l'Ontario. Dès son arrivée, Hasselbank va être confronté à la violence, la brutalité voire l’animalité : il assiste avec Edouard Thyssen le premier homme ayant accueilli Anna à un combat d’Ultimate Fighting qui le révulse. Cette rencontre le mène ensuite chez Floyd Paterson, célibataire greffé du coeur, qui a également partagé la vie d’Anna. Floyd Paterson chasseur aguerri, bestial, colosse croquant la vie à pleines dents vit en osmose avec la nature. Une tempête de neige va piéger les deux hommes qui devront cohabiter dans un chalet isolé. Un face-à-face tendu et dramatique avec un final troublant qui vous remuera. Récit brutal sur l’homme ou du moins une part essentiel de l’homme, récit quelque peu désespéré ou désabusé sur la nature humaine (Anna écrivait dans sa carte « Pourquoi n’avons-nous jamais su nous comporter comme des êtres humains ? »).

« Je crois qu’il ne faut jamais regarder trop longtemps en soi. C’est là que se trouve notre pire visage, celui que nous essayons de dissimuler pendant tout une vie. »

« Mon père m’a toujours dit qu’il rêvait de devenir un animal sauvage »

« On ne connaît jamais la personne avec laquelle on vit »

« Les Indiens disent que la seule chose que l’on ait à craindre pendant le blizzard, c’est que le vent soulève la mauvaise part que chacun porte en soi et que, lorsque tout s’apaise, apparaisse à la lumière ce que l’on a parfois essayé d’enfouir tout au long d’un vie »

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Jean-Paul Dubois lus par Vaux Livres

 


- 4 -



Neil JORDAN
Les ombres
L'Olivier
367  pages
21  euros

12-11-2006

 

    Roman proche du conte celtique voire fantastique en Irlande vers 1950, Nina meurt assassinée par George. Elle évoque alors son enfance et son amitié pour Janie et George, gamins de paysans mais aussi avec son double, son ombre, qu’elle seule voit, qu’elle accompagne et avec qui elle dialogue. L'arrivée de Gregory, son demi-frère ignoré, change son univers comme la Première Guerre mondiale déclarée un peu plus tard. A 50 ans, Nina retourne sur ses terres d'enfance et dans la maison où elle a grandi pour découvrir George en proie à la folie. Un roman étrange.

"Au cours de la troisième année du siècle nouveau, la mère de Nina finit par accepter l'univers imaginaire de sa fille pour ce qu'il était : l'expression de la solitude."

"Mais la maison ne sait pas qu'elle est maudite, hantée, ni même qu'elle n'a jamais eu de chance. La maison ne sait rien. Elle est là, simplement...".

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 3 -



Jonathan Safran FOER
Extrêmement fort et incroyablement près
L'Olivier
425  pages
22  euros

23-08-2006

 

    Oskar Schell, garçon de neuf ans vient de perdre son père dans les attentats du 11 septembre. Il s'intéresse à tout et sa carte de visite présente ses multiples passions : il est inventeur, entomologiste amateur, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome amateur, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles. Il ne s'explique pas la disparition de son père qui remet toutes ses certitudes en cause. Lorsqu'il découvre une clé dans les affaires paternelles, Oskar se lance dans New York pour une enquête double : familiale avec l'aide de sa grand-mère notamment et new-yorkaise. Il est en effet persuadé que cette clé résoudra le mystère de son père. Oskar se révèle aussi inventif que Jonathan Safran Foer. Le livre est touffu, dense, foisonne d'idées. Sur chaque page, une idée, une image originales. Seuls quelques procédés stylistiques ou typographiques sont peut-être quelques fois de trop.

Thème(s) : Littérature étrangère

 


- 2 -



Agnès DESARTHE
Mangez-moi
L'Olivier
308  pages
20  euros

21-08-2006

 

    Myriam décide d'ouvrir un restaurant "Chez Moi" pour donner de l'amour mais se heurte rapidement à moult difficultés : le restaurant est très petit et sera aussi son logement, problèmes d'argent et de banquier... Il faut pourtant tout endurer : les courses, la cuisine, les clients rares au début, les factures, les formalités administratives et surtout peut-être le passé qui la hante et l'avenir qu'elle redoute. On apprend progressivement qu'elle a été bannie par sa famille suite à une faute puis qu'elle fut cuisinière pour un cirque dont les membres sont aussi rejetés par la société et qui devront reprendre la route sans pouvoir l'emmener. Elle rencontre pendant ce séjour Ali un fermier atypique respectueux des plantes et des animaux avec "quelque chose de solitaire dans son regard, une flamme ancienne, ternie par l'expression, ou plutôt l'absence d'expression du reste de son visage". Le restaurant se remplit petit à petit de clients qui pour la plupart l'aideront : un fleuriste amoureux, des lycéennes apprenties philosophes, des enfants du quartier et notamment Ben qui prendra une grande part dans la mise en valeur du restaurant et dans la reconstruction de Myriam. La cuisine est prétexte à des descriptions de mets, d'idées de cuisine originales, d'alliances culinaires inattendues. Tout au long du livre, parallèlement à sa nouvelle vie, le passé de Myriam nous est dévoilé : la naissance de son fils, son mari Rainer puis la première rupture avec sa sensation de la perte définitive d'amour pour son fils. Ce manque d'amour maternel la pousuivra jusqu'à en devenir une obsession. Sensation de culpabilité encore accrue après sa faute qu'elle ne comprend même plus. Peut-elle encore espérer le retour des disparus, parents, frère et surtout fils ?

Beau texte enlevé entre rêve et réalité, entre passé et avenir, sur la recherche d'amour, la difficulté d'être, la culpabilité et le besoin d'être aimé.

"A quel genre de fil me suis-je retenue ? On croit toujours qu'il y a un fil, jusqu'au jour où l'on rencontre le vrai bon magicien, le vrai bon acrobate. Parfois, il n'y a pas de truc, parfois, c'est seulement une question d'entraînement. Il faut croire que j'avais un bon entraînement à survivre.".

"Comme se fait-il que l'on a plusieurs vies ? Peut-être ai-je tendance à généraliser... Je ne mourrai qu'une fois et pourtant, au cours du temps qui m'aura été imparti, j'aurai vécu une série d'existences contingües et distinctes". "Mon frère est un voilier, moi, je suis un paquebot, mais dont la quille est trop courte et le gouvernail trop long. Le moindre mouvement de barre m'entraîne à des milliers de milles de la destination prévue. J'ai l'inertie d'un grand navire... Mon existence, bien que lente et peu spectaculaire, a causé d'énormes dégâts. J'ai pourtant aperçu, au loin, le signal angoissé du phare. J'ai reçu son message d'avertissement et je disais, oui, oui, je sais, je vais tout casser ; mais il était trop tard"

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Agnès Desarthe lus par Vaux Livres

 


- 1 -



Olivier ADAM
Falaises
L'Olivier
207  pages
18  euros

30-12-2005

 

    Comment peut-on vivre ou mal vivre après le suicide d’une mère malade ? Rapide, dur, enlevé qui montre la survie de deux frères (8 et 13 ans) auprès d’un père violent. Les frères suivront des voies différentes. Pour le narrateur, l’aide de sa femme Claire et de Chloé sa petite fille permettront d’espérer une reconstruction « rester en vie a longtemps été pour moi une activité à plein temps ». Nombreux thèmes abordés : vie et mort, amour, amitié, enfance, vieillesse, folie, angoisse, contemplation avec en toile de fond les apparitions de la disparue. Triste et beau à la fois.

Thème(s) : Littérature française

Les titres de Olivier Adam lus par Vaux Livres

 


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