« Elle écrira les histoires des uns et des autres. Les histoires humbles de chaque jour, les histoires de rien. Ce sont les moments qui comptent. Pas les vies. Ces moments où on ne sait pas pourquoi on fait quelque chose mais on le fait. C’est cela qui mérite d’être raconté. Ce qu’on ne sait pas. Encore et toujours. »
Jeanne Benameur
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Eugène Hofmann est un être à part, hors du commun, extraordinaire. Surdoué en maths, son rapport aux autres et au monde sont différents. Il vit avec sa mère Joanna, concierge d’immeuble dans les beaux quartiers parisiens, une « communiste révolutionnaire » qui n’a pas abandonné ses convictions, loin de là : « Heureux qui communiste a fait un beau voyage » ! Eugène est proche de la famille Lévy qui l’accueille régulièrement et noue une relation platonique puissante et émouvante avec Suzanne la fille. Eugène avant de pouvoir plonger dans sa passion aura une vie tumultueuse, compliquée alors qu’en maths, il n’y a « que le talent, le génie et devant le tien, ils sont à genoux. Bouffe-les, mon fils. ». Il nous la fait partager, puis montre la beauté des maths, son omniprésence dans notre quotidien : « Les mathématiques sont autour de nous, elles sont en toute chose. Elles sont toute chose. » Il vivra pour les maths, dans les maths. En parallèle, il découvre ses origines, sa famille, la vie de Joanna, une vie percutée par l’histoire, entre RFA et RDA, ouest et est, terroriste pour les uns, espionne pour les autres. Eugène restera toujours un révolté, une vie à la marge, en dehors du monde et fidèle à ses convictions, dans la lignée d'un Grothendieck, un portrait exceptionnel.
Premier roman
« Si la bourgeoisie est meilleure en classe que la classe ouvrière, c’est parce qu’elle a construit l’école dans le but d’assurer sa supériorité et sa domination… En faisant de toi un transfuge, elle t’oblige à la trahison. »
« Les maths, ça coûte pas cher, c’est le savoir des bohémiens et des chemineaux. »
Fiche #3476
Thème(s) : Littérature française
Le petit Jacques est un écolier du Plessis-Robinson. Petit en âge, mais déjà grand dans sa tête. Un gamin différent, et dans la cour d’école, on n’aime guère la différence. Il arrive à l’école avec les doigts débordant de pansements, des morceaux de peau en moins, et n’y retrouve que deux copains, un camarade de classe et M. Rivero à la cantine. Une rencontre fortuite à la boulangerie et il découvre l’amour avec une lycéenne beaucoup plus âgée Alexandra. A la maison, il vit seul avec un âne et des roitelets… et avec Marianne une sœur qui travaille beaucoup mais l’aime et tente de le protéger. Tous ces personnages ont en commun un sorte de mal être, de mélancolie, et un évènement triste ou dramatique a déjà traversé leur vie. Consciemment ou inconsciemment, Jacques tente de se sauver avec l’imaginaire, il se crée un monde bienveillant qui le soutient et l'accompagne. Entre la dureté du réel et un imaginaire permettant tout, dès les premières pages, le roman installe une atmosphère particulière qui attire et aspire le lecteur dans un imaginaire fantastique questionnant. On ne peut oublier le petit Jacques et une palette de sentiments contrastés envers ce gamin accompagne notre rencontre.
Ecouter la lecture de la première page de "Le château de la solitude"Fiche #3477
Thème(s) : Littérature française
L’État adore de plus en plus réglementé, régenté, surveillé alors c’est une véritable aubaine quand les virus se multiplient et s’enchaînent. Le coupable idéal est trouvé : dame Nature. Il faut s’en éloigner, l’éradiquer si possible. Donc les humains sont appelés à quitter les zones reculées et champêtres pour les villes, la viande devient interdite, et les animaux exterminés les uns après les autres, le monde aseptisé de demain. Les hommes sont souvent obéissants (« Un peuple que la peur gouverne se tient docile. »), mais quelques-uns résistent, pour le meilleur et le pire. Augustin a connu la vie paisible dans la forêt avec ses parents et son chien mais la maladie a rattrapé sa famille et la société l’a rappelé mais il garde espoir de la retrouver seul ou accompagné. Vadim n’a pas connu la nature mais la phantasme et voit en elle une façon de se réaliser, sorte de gourou masculiniste et survivaliste, omnipotent et omniscient, il se voit en maître absolu de son domaine, et diriger ses ouailles entre ses désirs sexuels et de viande : une dictature peut en cacher une autre et la sauvagerie n’est pas le propre de la nature !
Ecouter la lecture de la première page de "Les carnivores"Fiche #3475
Thème(s) : Littérature française
Un nouveau virus frappe la France : le Fatum, il s’attaque au langage et provoque l’aphasie, se répand dans la société. Les enseignants sont les premiers frappés : la marche funèbre de Chopin et les mots s’effacent remplacés par une unique syllabe « Poï ». Pourquoi eux ? Puis les fonctionnaires. Pourquoi eux ? Pour tenter de comprendre et d’enrayer la progression du virus, les pouvoirs publics envoient Reverdy, un fonctionnaire attaché au cabinet de la ministre pour observer Monia Boukary dans sa classe du lycée du patient zéro. Et Monia Bakoury est une passionnée, « Celle-là n’a trouvé que la littérature où vivre », convaincue de la primauté du langage, de la culture, du savoir, des mots, de la littérature, du théâtre, de la poésie. Elle vit pour son métier, pour ses élèves et le roman sur le fond et la forme nous plonge dans ses combats quotidiens, dans la classe comme dans l’établissement et notamment dans la salle des profs avec une palette représentative et imagée du monde enseignant. Sans mot, plus de pensées, plus de raisonnement, place aux moutons... A l’heure où la pensée s’édulcore, où le sens des mots est malaxé ou retourné, la vérité niée, superbe portrait d’une résistante, sauver un élève, c’est sauver le monde !
« L’humain s’est perdu, anesthésié par le divertissement et le récit facile. »
« … les réseaux sociaux, c’est l’enfer ! Le frelon asiatique de la pensée. Nous avons créé un monstre…Ça entre dans la ruche de leur cerveau et ça bouffe tout : l’imaginaire, la concentration, les raisonnements complexes, le rapport au réel. »
« La tendresse, quand on n’y a jamais goûté, il faut y aller doucement, pas s’enfiler le pot d’un coup. »
Fiche #3474
Thème(s) : Littérature française
C’est presque une habitude sur le Sentier, le sentier des Appalaches, les randonneurs se perdent, se retrouvent seuls, perdus, au milieu des forêts denses et dangereuses : les gardes-chasse les retrouvent ensuite sains et saufs, blessés ou pas ou pire. Aujourd’hui, c’est le tour de Valerie, une infirmière de quarante-deux ans qui a entrepris avec l’aide de son mari qui la suit en voiture ce long chemin. C’est lui qui signalera sa disparition. Elle, surnommée Sparrow (=moineau) sur le Sentier, a atteint le Maine et sa forêt est redoutable. C’est la lieutenant Bev très expérimentée qui a la charge de sa recherche et il faut aller vite, Valerie n’a que peu d’expérience. Trois voix accompagnent cette course contre la montre : la garde-chasse Bev responsable des recherches, Valerie qui en profite pour écrire des lettres à sa mère et Lena une vieille dame adepte des réseaux sociaux qui voit en Valerie sa fille disparue. Portrait de trois femmes, portrait de trois relations mère-fille, et une enquête haletante et tendue, tous les ingrédients pour un excellent Gallmeister !
« Le passé vous revient, à force de marcher. »
« Elle comprenait que, sans les livres, il n’y avait rien, sinon du temps. »
« Non, le vrai drame de la vie humaine, c’est qu’on ressent. Telle est notre affliction. »
Fiche #3472
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Juliane Nivelt
Nicolas ROBIN
Elle le mangerait
Le soir venu
22 | 240 pages | 04-08-2026 | 18.95€
Frédérique a trente-cinq ans. Elle est seule, son ex l’a quitté. Elle mesure 1m85 et a toujours souffert de sa taille. Même sa mère la moquait. Évidemment, elle ne fait pas le poids par rapport à sa sœur qui a deux enfants. Les consultations d’un psy ne lui apporte pas grand-chose. Sa vie changé après une bousculade. Un homme vient la secourir. C’est le coup de foudre. Frédérique le sait immédiatement, elle a trouvé son double, son homme mais lui ne le sait pas encore ! Alors progressivement, elle va se rapprocher de lui, de sa fille, de sa sœur. L’obsession grandit, la frustration aussi, elle le veut et devient prête à tout. Elle cherche l’amour, mais elle reste seule. Un roman parfois dérangeant qui nous confronte à l’érotomanie et à une illusion dangereuse. Une fin inattendue à déguster goulûment !
Ecouter la lecture de la première page de "Elle le mangerait"Fiche #3473
Thème(s) : Littérature française
Victoria, la narratrice, souffre depuis l’enfance d’un strabisme intermittent, divergent à gauche, convergent à droite et ça n’est pas une revendication politique ! Dès son premier diagnostic, elle sait que le stress et les chocs émotionnels sont pour beaucoup dans l'intermittence de son strabisme alors quand Victoria, devenue mère, tente de parler de ce strabisme et de ses conséquences, elle va plutôt évoquer sa famille, son père, sa mère. Un couple omniprésent, dysfonctionnel, qu’elle ne peut ignorer. Tout y passe : le harcèlement, le chantage émotionnel et affectif, les violences, les confessions, les plaintes, les appels à l'aide… Les parents ont vieilli mais le passé comme le présent ont la même teneur, génèrent les mêmes souffrances. Un héritage pesant qui transforme souvent le quotidien en cauchemar même si l’attachement demeure. Ces quelques lignes pourraient donner la sensation d’un texte lourd, larmoyant, épuisant : que nenni ! Victoria Kaario a trouvé le ton et la structure justes. C’est souvent drôle, parfois ironique et décalé, toujours rythmé. Néanmoins, devant cette façade agréable presque légère, il n’en demeure pas moins que Victoria reste une prisonnière, voire victime, malheureuse de ce couple bien plus handicapant que son strabisme.
Premier roman
Fiche #3470
Thème(s) : Littérature française
Ils sont six, six trentenaires restés ados pour beaucoup : Tac-Tac, Demi-Lune, Samson, Lassdeg, Géchar et Neuf Trois-Quarts. Six potes aux surnoms parlants qui ont grandi dans le même lotissement, entre campagne et ville et n’en sont jamais partis. Ils naviguent entre un quotidien et des rêves qu’ils continuent d’avoir et qui maintenant, à trente ans, peuvent devenir des objectifs. Malgré leurs différences, le clan reste toujours uni, ça chauffe parfois dans la bande, mais ils connaissent tous la limite et leur amitié, leur connivence, leur complicité sont trop importantes pour la franchir. Leurs discussions à l’infini dans leur bar de prédilection, leurs blagues, leurs moqueries (sans jamais de méchanceté), le tout avec un vocabulaire imagé, parlé, vivant, moderne sont leur quotidien. La fumette est omniprésente et les conforte dans leurs rêves, voire même leur poésie. Une belle bande de loustics attachants et débordant de tendresse peut-être arrivés à un moment charnière de leur existence.
« L’ennui a ce mérite, on a le temps de se perdre. »
« … l’énormité de ses conneries n’a d’égale que l’assurance avec laquelle il les affirme. »
Fiche #3471
Thème(s) : Littérature française
Une presqu’île balayée par le vent et les vagues et deux familles. Les Schnabel et les Wilberforce. Chaque été les Schnabel investissent l’hôtel des Wilberforce. Les enfants malgré leur différence sont alors inséparables : deux garçons côté Schnabel, deux filles côté Wilberforce (la troisième est encore bébé). Les mères sont devenues amies, très proches, se soutiennent, ont beaucoup de choses en commun et à partager. Jusqu’au drame : Annabel est retrouvée noyée et Adam suicidé quelques jours plus tard. Le roman commence dix ans après, lors d’une fête organisée par Diane Schnabel. Écrivaine, son succès lui a permis d’acheter une maison sur la presqu’île, et elle a invité tout le monde. Dix ans ont passé, peut-être le moment des confidences et de la réparation sont-ils venus ? Les révélations vont s’enchaîner, les masques tomber. Chacun va se retrouver face au passé, à son passé, à leur passé, aux faits, et devoir peut-être endosser ses responsabilités. Il va falloir faire sortir le loup et s’en occuper. Julia Kerninon avec son talent habituel aborde avec retenue ses thèmes de prédilection : la maternité, la famille et ses secrets, la sororité, la responsabilité et les violences sexuelles.
Ecouter la lecture de la première page de "La dernière des Wilberforce"Fiche #3469
Thème(s) : Littérature française
Anthony Ferrell, écrivain irlandais, est en panne d’inspiration. Il écrit quelques articles pour des magazines et la presse et pense tenir un sujet avec la réparation des câbles sous-marins permettant le voyage des données internet vers ou depuis l’Afrique. En effet, des câbles ont été rompus, l’internet est défaillant et met en péril le continent et son économie. Il va donc embarquer auprès du chef de mission John A. Conway, un compatriote irlandais aux vies multiples (il a même eu deux patronymes). Un homme brillant, qui en impose, mais un homme mystérieux, intrigant, « indéchiffrable ». L’écrivain est vite fasciné par Conway que les marins respectent au plus haut point et va rapidement plus s’intéresser à lui qu’aux câbles ! Il rentre peu à peu dans son intimité et découvre son amour intense pour la belle Zanele, une actrice sud-africaine, qui vient de partir pour Londres pour mettre en scène et jouer « En attendant Godot ». Le voyage va durer puisqu’ils vont devoir intervenir sur trois ruptures en trois lieux différents, un temps long pour connaître Conway qui néanmoins restera toujours un mystère. Un voyage, une rencontre qui marqueront à jamais, définitivement, Ferrell et le transformeront. Un roman dense et rythmé avec une palette de personnages attachants, qui parle de nos solitudes, d’écologie, des dangers qui nous guettent et qui deviennent de plus en plus présents, de notre incapacité à changer de direction, de notre impuissance, et enfin de la fragilité immense de notre monde, Conway nous aura prévenus !
« Arrive un moment où notre solitude perd de son attrait. »
« La maladie de notre époque, c’est qu’on passe trop de temps à la surface. »
« Bon Dieu, j’aimerais bien savoir pourquoi les gens acceptent ce qui nous arrive. »
« Ce n’est pas parce que la vérité est ignorée, dit-elle, qu’elle n’est pas vraie. »
« Nous sommes vraiment tous – vous, moi, nous – des petits morceaux dans la collision. »
« Toutes les histoires sont des histoires d’amour. »
« … tout le monde avait un avis, bien sûr – la certitude obscène de notre époque. »
Fiche #3467
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Clément Baude
Kelly et Franck. Joséphine et Rodolphe. 2024. 1824. Deux périodes très différentes, des personnages différents, des classes sociales différentes, un même lieu et un point d’union : l’amour. Léa et Franck en quittant Paris se sont installés avec leurs deux enfants dans le Morvan au cœur d’une nature luxuriante et farouche. Léa fait des allers retours à Paris pour son travail alors que Franck cherche l’inspiration (il est illustrateur) sur place. Ils rencontrent un couple voisin Kelly et Joss. Kelly et Franck vont se rapprocher et Kelly va lui faire découvrir l’histoire de Joséphine, fille d’un baron, et Rodolphe, le roturier. Deux élans amoureux à deux cents d’écart, deux pauses dans les difficultés de chaque époque pour mieux supporter le monde. L’amour et la nature n’ont guère changé en 200 ans, pourvu que cela doure ! Serge Joncour nous tient donc doublement en haleine en réussissant parfaitement à imbriquer ces deux rencontres, ces deux histoires d’amour : enfin un roman doux et apaisant.
« La fragilité, rien n’y échappe en ce monde. »
« Oui, cet homme est fou, c’est beau comme il est fou ! »
« La patience est un arbre dont les racines sont amères mais les fruits doux. »
« Aimer, c’est toujours se raconter une histoire… »
Fiche #3468
Thème(s) : Littérature française
Colin Niel dans « Le septième siffleur » quitte l’Amazonie pour revenir à des contrées plus proches de nous. Trois régions différentes mais des problématiques connexes et pour faire le lien : un oiseau, un limicole, digne, migrateur au bec recourbé : le courlis cendré. Dans les Highlands écossais, un couple se bat pour la survie de son exploitation agricole et vient d’apprendre que leur fils va perdre la vue et ne pourra donc prendre leur suite. Dans la baie de Somme, Willy est un chasseur expérimenté qui aimerait que son fils partage sa passion. Au Maroc, les touristes et autres ornithologues passent par la Merja Zerga (lagune) pour observer les oiseaux migrateurs. Le jeune Hamza rêve du chemin inverse et d’émigrer mais c'est notamment la rencontre avec un oiseau qui le fera changer d'avis. Trois territoires, trois familles, des points de vue différents voire opposés mais un monde qui change de la même façon, une nature, un monde agricole et des familles confrontés aux mêmes problématiques notamment de filiation, de transmission et de survie. Chacun s’y débat et tente de trouver sa voie. Un roman sans manichéisme qui parle de nous aujourd’hui, de nos relations, de notre lien à la nature, de la nature et de son état, et enfin des dangers présents et futurs : le courlis à bec grêle a disparu déjà depuis de longues années (1994). Un roman sensible qui plutôt que d’opposer frontalement humains et nature, montre calmement que nous avançons tous avec nos difficultés, nos habitudes, main dans la main (ou plume dans la main) vers un même destin en espérant que l'on n'oublie pas la menace latente de la légende du septième siffleur.
Ecouter la lecture de la première page de "Le septième siffleur"Fiche #3466
Thème(s) : Littérature française
Hanna ne quittera jamais Magdebourg et y connaîtra tout le poids de l’Histoire. Anna Gröschner décrit le quotidien d’une femme modeste depuis son enfance jusqu’à ses nombreuses grossesses (avortements, fausses couches, elle connaîtra tout), de 1913 à 1989. Une femme passionnée par les fleurs qui vivra la montée du nazisme, l’occupation russe, les bombardements, l’Allemagne de l’Est… la pauvreté (« L’hiver, elle devait souvent acheter à crédit chez les commerçants du coin. »), la faim… Mais c’est aussi le premier lave linge, la première télé… Une combattante pour ses enfants, pour elle, qui fera tous les métiers jusqu’à être la première femme grutière. Une vie intime émouvante en perpétuel combat, percutée par l’Histoire.
« Le capitalisme c’est la mort de l’individualité, parce que tout le monde veut être individuel. »
Fiche #3464
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Elisabeth Landes
Hors saison, habituellement, cette station balnéaire du Médoc hiberne dans le calme absolu. Mais cette année là, tout est différent ! Des colis s’échouent sur les plages, des colis remplis d’une poudre blanche à la valeur inestimable pour certains. Hélène, la patronne du café, assiste l’œil goguenard aux réactions de ses meilleurs clients ! C’est elle qui nous relate cette aventure et évidemment, dans les cafés, on philosophe beaucoup alors la patronne nous interpelle et émaille son récit de réflexions sur le monde, la société, les hommes, ses clients... avec une verve débordant d’ironie et de bon sens. Pour certains, c’est en effet l’occasion tant attendue ! Enfin de l’argent, pour réaliser ses rêves, ses projets, partir… Des personnages aux noms atypiques, aux surnoms imagés, se voient narcotrafiquants mais être narcotrafiquants n’est pas donné à tout le monde, surtout quand le vrai trafiquant part en chasse de sa cargaison ! Une équipe de pieds-nickelés décalés et drôles pour un récit enlevé et cocasse qui à partir d’un fait divers réel parle aussi (avec humour) de notre société.
Ecouter la lecture de la première page de "Les amateurs"Fiche #3465
Thème(s) : Littérature française
Apolonie dite Paulie, une paysanne, est enfermée dans un asile parisien en 1910. Elle s’est retrouvée là après s’être accusée d’avoir mis le feu à un bâtiment et l’eau va peut-être la libérer. Alors que la crue 1910 prend son envol, la Seine s’élargit, les portes s’ouvrent lui offrant une possibilité de fuite. Angélique Villeneuve nous conte alors le destin, la trajectoire âpre de Paulie et de sa famille. Née en 1850, petite fille silencieuse, dans le Bois-des-Fous, un père qu’elle admire et épie constamment notamment quand il s’occupe de ses petites protégées, les mouches (ou abeilles), la Grande, sa mère, qui sait soigner les différents maux de l’époque. La famille vit à l’écart. La vie est rude. Paulie va vite grandir en rencontrant Agathon, dit Vol-au-vent, un brigand des grands chemins qui la « capturera » et fera preuve dans un premier temps de douceur et d’attention avant de révéler sa véritable personnalité : cruauté, brutalité et bestialité. Paulie, par son caractère et sa volonté et l’aide de la Grande saura se sauver et s’en éloigner avec ses trois fils « Jules était bavard, Amédée étourdi et Georges si craintif ». Paulie constamment saura faire preuve d’amour pour ses enfants et sa petite-fille Louise, un lien puissant les unissant. Avec son écriture précise, sa capacité à nous immerger dans une période, dans un milieu, son oscillation entre forme romanesque (quelle poésie!) et vers libre, en variant les points de vue (Georges nous livre aussi sa vision et ses sentiments), Angélique Villeneuve ajoute à sa collection un portrait éblouissant de femme, une femme forte que la vie malmène et qui toujours restera droite et saura éloigner les malfaisants, trouver son chemin et accompagner ceux qu’elle aime. Un texte et un portrait envoûtants, Paulie vous habitera longtemps !
Ecouter la lecture de la première page de "Des idées d'incendie"Fiche #3462
Thème(s) : Littérature française
Une rencontre change parfois une vie. Même une rencontre furtive. Il allait rejoindre un copain botaniste et en bas, au pied des sentiers, sur le parking, il la voit, à côté de sa Berlingo, et immédiatement naît l’envie de la revoir, de la connaître, un sentiment amoureux qui ne demande qu'à s'accomplir. Elle descend avec son matériel. Elle est photographe et est restée quelques temps là-haut, à proximité d'un lac majestueux (qui les observe autant qu'ils l'observe) et d’une réserve où les humains (même pour l'étudier) sont définitivement interdits, la nature a enfin repris la main. Il a envie de la revoir et d'observer ce qu’elle a photographié. Il la rappelle, le lui dit, un lien ténu se crée. Mais quelques mois plus tard, il apprend qu’elle y est retournée en plein hiver et a disparu. Bouleversé, il part sur ses traces, souhaite la connaître, la comprendre, savoir ce qu’il s’est passé. Le texte rend compte de son enquête et des dernières semaines de Paola avec ses réflexions sur la nature, sur la vraie vie : une photographe phagocytée, avalée par l’objet de ses photographies. Une zone vierge et sauvage qui regarde qui l’approche et s’en défend, Paola le sait et s’en apercevra… Un texte haletant, tendu qu’on dévore, portrait fascinant d’une artiste exigeante, entière et qui ira jusqu’au bout de ses convictions, sans concession. Superbe !
Ecouter la lecture de la première page de "De l'autre côté du lac"Fiche #3463
Thème(s) : Littérature française
Le grand écrivain Christian Monnay est mort. Un monument littéraire qui vivait retiré du monde depuis plusieurs décennies après deux romans à succès qui ont fait sa renommée. Il laisse Céline, sa femme aveugle, et Chloé, sa fille. Dès l’enterrement, son éditeur espère trouver des manuscrits en attente de publication, inachevés ou non. Sa fille ose enfin entrer seule dans l’antre du monstre. Et mauvaise surprise, les manuscrits pourtant reliés n’offrent que des pages blanches. Pour préserver sa mère qui en attendait tant depuis si longtemps, mais peut-être aussi pour oser le pas de la publication, Chloé replace l'un des manuscrits vierge par son propre roman. Énorme succès. La fille cachée derrière son père remporte anonymement un succès énorme tout en jouant parfaitement son rôle de fille de. Un succès basé sur une imposture qui en appelle un autre. Les enjeux financiers s’imposent. Chloé tombe dans une espèce de schizophrénie immaîtrisable et dangereuse. Descente en enfer, elle est devenue « invisible », isolée, elle se retrouve de plus en plus seule, dans le silence. Un poids immense s’abat sur elle. Et l’éditeur, les lecteurs en réclament toujours plus. Chloé va devoir écrire sous pression, à la demande. Un roman intense, tendu, addictif par l’engrenage inéluctable mis en action, qui nous parle d’héritage, de littérature et de création, de famille, de secrets, de mensonges, de couple, d'image et de succès médiatiques, et d’un piège dont on ne peut s’extraire, chaque page tournée resserre l’étau et les pages se tournent de plus en plus vite ! Une vraie réussite.
Premier roman
« J'avais l’impression de m’élever et de sombrer à la fois… »
Fiche #3461
Thème(s) : Littérature française
Pour Emma, l’été 1937 fut un été particulier, l’été des premières fois, l’été de son envol, l’été qui change tout. Ouvrière parisienne, depuis la mort de son mari, elle vit seule avec son fils Julien. Luis, l’ami de son mari, la pousse à profiter de ses premiers congés payés. Stop. Faire une pause, laisser le travail de côté. Direction Biarritz. Mais même arrivée sur la plage, Emma n’abandonne pas ses craintes, ses peurs, arrêter le travail a une part d’inconcevable, asservissement du travail qui abîme les corps et les têtes au-delà de l’usine. Quinze jours pour lâcher prise, pour profiter de la beauté du lieu, mais quinze jours face à la richesse de Biarritz et ses bourgeois qui ne veulent pas partager la plage : les deux classes peuvent elles partager un bout de plage et ensuite beaucoup plus ? Quinze jours entre la France et l’Espagne déjà en guerre, entre Luis tendance anar et Julien tendance coco. Enjeu social, enjeu politique, enjeu intime. Superbe et émouvant portrait d’une femme sur le chemin de l’émancipation pour abandonner ses peurs, s’accepter, exister et vivre.
Ecouter la lecture de la première page de "Congés payés"Fiche #3460
Thème(s) : Littérature française
Melody parcourt les routes avec un groupe de pop chrétienne sans envergure, elle qui pourtant a abandonné toute croyance (« C’est peut-être ça Dieu, dit-elle. Un vide qu’on remplit de ce dont on a besoin. ») dans une Amérique bigote. Loin de sa famille. Jusqu’à l’appel de sa mère Geneva ou Genie. Une mère avec laquelle aucun lien ne s’est créé pendant son enfance et après. Mais cette fois, un père mourant, un frère différent et dépassé, Geneva l’appelle à l’aide. Retour à la ferme des Trois Rivières où elle trouve son père mourant, à son chevet un infirmier qui semble très proche de son frère. Sa mère est aux abonnées absentes, elle est partie rejoindre une femme médecin amérindienne aux visions et aux pouvoirs singuliers. L’orage menace, aussi violent que subit. La Nature et le Mississippi s’expriment violemment : une crue record est annoncée. Sur le domaine des Trois Rivières, un homme et son fils en fuite ont trouvé refuge, le danger les guette. Les destins vont s’entrecroiser, les passés communs ou non, les enfances vont se révéler, les peurs et les courages vont s’affronter. Des destins noirs, compliqués mais pour certain(e)s « recommencer », le début d’une nouvelle vie. Des personnages complexes, denses pour une noirceur et une reconstruction parfaitement maîtrisées. Brillante confirmation après « Un profond sommeil ».
« Tout est un choix, dans la vie. »
Fiche #3459
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Héloïse Esquié
La famille part en montagne pour un nouveau départ. Le couple vacille et espère ressouder les liens pendant ce séjour. Une famille recomposée, Isabelle et sa fille Noémie (14 ans), Xavier et son fils Léon (7 ans), des enfants qui demandent toute leur attention, une famille loin d’être unie, réunie. Ils s’installent dans un joli chalet rénové de Rochebrune dont la propriétaire n’est guère agréable, les humains, ce n’est pas son truc et elle accroît la tension qui règne. Le chalet est à l’écart du village où Isabelle rencontre Bruno, un homme différent qui vit seul, isolé. Pendant que Xavier part pour une course en montagne malgré les avertissements de mauvais temps, elle retrouve Bruno. Les avertissements étaient justifiés, un déluge s’abat sur la zone, en montagne, au village. Catastrophe. Effondrements. Inondation… Elle, dans une chambre avec Bruno, lui, en haute montagne… La situation va les révéler à eux-mêmes. Des évènements tragiques fatals pour certains et qui en rapprocheront d’autres… Sophie Divry au cœur d’une catastrophe naturel donc tragique nous parle avec humour, ironie et noirceur du couple, de la famille, du dérèglement climatique et de notre société. Un roman qui se dévore avec délectation.
« Mais il en est ainsi de l’enfance bourgeoise : joyeuse genèse d’individus géniaux. »
« Tous deux ignoraient qu’un renoncement peut être héroïque et un exploit stupide. »
Fiche #3457
Thème(s) : Littérature française
Modesta l’héroïne de L’art de la joie est emblématique de la force de vivre, l’envie de plaisirs et de joie malgré les côtés obscurs de la vie. Les cinq femmes de ce premier roman sans le savoir sont reliées par Modesta. Avec une infinie douceur et retenue, Sabrina Delerue décrit leur quotidien à la maison et au travail, leurs sentiments, leurs espoirs et déboires. Louise, mère du petit Antoine, a tellement peur de ne pas être à la hauteur, Maria en congé de maladie, Iris infirmière de nuit en quête d’amour, Amira étudiante douée qui enchaîne les petits boulots, Carmen apprentie coiffeuse entre ses parents. Difficultés de la vie, au travail, confrontation avec la solitude, la mort et la maladie… avec douceur, dans un style ciselé, Sabrina Delarue fait ressentir le chemin apaisé pour les accueillir, comment repartir après les moments douloureux et au-delà de ces moments, faire le choix de la vie : « Pour la première fois peut-être, elle a hâte de vivre sa vie, d’en écrire les palpitants chapitres. »
Premier roman
« On ne peut changer son histoire. Mais on peut choisir sa vie. Non ? »
Fiche #3458
Thème(s) : Littérature française
La Haute Île est un lieu particulier : refuge perdu au milieu des bois, c’est un hôpital psychiatrique atypique. Lieu ouvert immense qui accueille des femmes, des femmes internées pour diverses raisons, des femmes qui gênaient d’une manière ou d’une autre, souvent à la demande d’un mari, de la famille… Refuge ou prison ? Dans ce lieu, s’installent Olga et son mari psy Abel et leur petite fille en attendant leur second enfant. Traductrice, Olga espère trouver calme et sérénité dans ce lieu paisible et retiré au cœur de la nature. Elle s’intéresse à ce lieu et aux femmes qui y sont passées, notamment Camille Claudel. Après son accouchement, Olga entre dans un post-partum compliqué : suite de l’accouchement ou emprise du lieu ? Deux autres femmes sont présentes dans la Haute Île : Josepha mère d’une ado qui enchaîne les petits boulots a été embauchée à la crèche de l’établissement. Elle est de tous les fronts mais sans reconnaissance. Elsa quant à elle est venue enquêter. Des bébés tombent malades empoisonnés. Elsa est à l’écoute, attentive, vive et va découvrir deux femmes en souffrance dans un lieu finalement oppressant et étouffant. Deux héroïnes, deux sœurs, pour parler de la place des femmes dans la société (et de son évolution), de leur combat incessant pour trouver leur place, de la différence, de la tolérance, de la folie (« Qui sont les fous, au juste ? ») et de ces lieux particuliers que sont les hôpitaux psychiatriques qui parfois rendent fou !
Ecouter la lecture de la première page de "Les agitées"Fiche #3455
Thème(s) : Littérature française
Erna et Pain-Beurre sont jumeaux : liés, serrés et pourtant différents. Erna est malade et souffre d’un mal étrange. Pain-Beurre est prêt à tout pour la soigner, la sauver, « Il vit pour sa sœur. », même à quitter leur lieu de vie, le Hameau, au plus près de la forêt et de la nature. Elle croit au guérisseur, il croit aux médecins qui sont au Bourg. Le conte a aussi ses visions magiques, sa méchante (la tante) et la mort qui rôde, et le chemin douloureux de Pain-Beurre pour abandonner sa colère, pour pardonner aux autres et se pardonner. Un conte aussi court que dense, aussi ramassé que puissant.
« Mais la gémellité est une bénédiction autant qu’une prison. On se sent à la fois porté et enchaîné par l’autre. »
Fiche #3456
Thème(s) : Littérature française
Jeanne a fait de sa passion sa vie : pianiste, elle est une concertiste reconnue à succès. Jusqu’à un trajet en voiture fatal, son mari au volant, l’accident, amputation du bras gauche. Elle ne peut plus jouer. Désespérée, en colère, son mari ne sait comment l’aider, alors elle fait ses valises et part retrouver la maison de son enfance sur les côtes bretonnes. Le vent, la mer répondent à la musique et vont l’accompagner dans ses questionnements sur l’intérêt de vivre, sur son passé, sur son futur. Cette maison réveille en effet ses interrogations sur sa famille et une phrase particulière de son père l’obsède et l’incite à mener son enquête. Se remémorer son enfance, le départ inexpliquée de sa mère avec qui elle partageait sa passion pour la musique, les non-dits et autres secrets familiaux. Son amputation a marqué la fin d’une vie, et pour renaître dans cette nouvelle vie, Jeanne devra briser le mur familial des secrets : « Pourquoi ils ne m’ont rien dit ? » Un roman poignant pour une renaissance entre musique et mer.
« La recherche de la vérité, un chemin scabreux. »
« La musique l’avait sauvée de la solitude, mais en même temps elle l’avait enfermée. »
Fiche #3454
Thème(s) : Littérature française
Après Le café sans nom et Le champ, le personnage principal du nouveau roman de Robert Seethaler est à nouveau un lieu : une rue. Une rue comme une autre : La rue de La Lande, son auberge, son bistrot, sa statue abîmée, sa maison de retraite… Mais une rue à l’ancienne, une rue encore animée, où la vie reste présente. Une vie simple, tranquille, regardant le temps s’écouler. Mais à chaque instant, dans cette rue, une lumière, une parole, un regard, un mouvement et la beauté jaillit. L’auteur a un sens aigu de l’observation, aucun éclat de beauté ne lui échappe. Les personnages, dans une certaine solitude, partagent leurs espoirs et se débattent avec la vie, la copropriété, les immigrés, la spéculation immobilière… La banalité n’existe pas avec Robert Seethaler, chez lui, les gens modestes et leurs vies, les lieux modestes et leurs habitants deviennent beaux et exceptionnels : « A force de regarder les choses, on trouve parfois derrière toute façade une beauté si bien cachée qu’elle dépasse notre imagination. » et l’auteur avec la délicatesse de son style nous le fait ressentir avec émotion.
« Vieillir demande du courage. »
« La dignité n’est pas négociable. Sauf qu’avec la dignité on ne peut rien s’acheter. »
« L’être humain se dresse brièvement et se courbe longtemps. »
Fiche #3453
Thème(s) : Littérature étrangère
Traduction :
Elisabeth Landes
Violaine Bérot et son compagnon ont obtenu l’agrément ferme pédagogique et décident d’accueillir des enfants âgés de 6 à 10 ans. Des enfants hospitalisés en psychiatrie. Les enfants sortent donc d’un lien très fermé, très encadré, avec une tension latente de tous les instants allant parfois jusqu’à la violence pour arriver dans un espace de liberté. Un espace où chacun vaque à ses occupations, Violaine Bérot et son compagnon comme la poule, l’âne, la chèvre et les autres. Dans une prose poétique, Violaine Bérot nous rend compte des rencontres apaisantes entre ces enfants et les animaux. Des couples inattendus se forment. Chacun, à son rythme, va trouver celui qui va l’accompagner, l’écouter, le transformer. Des instants magiques et bouleversants où quelque chose d’inexplicable se passe (sensibilité des enfants comme des animaux). La violence fait place à la douceur, l’emprisonnement à la liberté. Lumineux.
Ecouter la lecture de la première page de "En liberté"Fiche #3452
Thème(s) : Littérature française
Siyuan AW
Des ailes pour deux
Editions du Pacifique
1 | 04-07-2026 | 16€
en stockSuperbe album pour les petits et les grands tant par les illustrations (chaque page est un tableau) que par le texte et les thèmes abordés : relation entre l'animal et l'homme, amitié, liberté. Dans les montagnes de l'Altaï, le petit Bekku voudrait tant voler que son père lui offre un aigle. L'enfant et l'aigle vont tout partager pendant de longues années. Jusqu'au jour, l'aigle doit partir, rejoindre la nature et retrouver sa liberté. Une déchirure nécessaire, mais les deux ne s'oublieront pas, n'oublieront pas ce qu'ils ont vécu ensemble.
Ecouter la lecture de la première page de "Des ailes pour deux"Fiche #3450
Thème(s) : Jeunesse
Nouvelle consultation des comptes-rendus de lecture
Les comptes-rendus de lecture de l'année précédente (2025-2026)
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